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01 mars 2019

COMMENT AVOIR DES CHAMPIONS INDUSTRIELS EUROPÉENS ?
UNE DÉMARCHE SINUEUSE ET POURTANT VITALE

Face à des acteurs mondialisés, la mise en œuvre d’une politique industrielle nationale affirmée et sa déclinaison au niveau européen apparaissent nécessaires pour continuer à peser dans la compétition mondiale.


Depuis plusieurs décennies, la mondialisation a profondément transformé le paysage industriel français et européen. Son impact a façonné les grands groupes mais aussi tout le tissu industriel européen des ETI, PME et TPE. La révolution numérique en cours promet des changements plus rapides et plus profonds encore : elle rebat complètement les cartes. Qui aurait pu imaginer qu’un groupe comme Kodak qui comptait 65 000 salariés environ en 2002 n’en compterait plus que 17 000 en 2012 et déposerait le bilan cette même année ? A l’inverse, les géants du numérique ont connu un avènement éclair et détiennent aujourd’hui un pouvoir technologique et financier colossal, souvent comparé à celui d’États.

Mondialisation et révolution numérique sont trop souvent perçues comme des menaces. En réalité, elles représentent également des opportunités pour nos industries de rebattre les cartes pour maintenir, renforcer ou créer de nouvelles positions. Il est du rôle des hommes et femmes aux commandes de ces industries de réussir cette transformation. Il est du rôle de l’État de créer les conditions favorables à la réussite de cette transformation pour notre tissu industriel. Nouveaux outils, nouveaux modes de fonctionnement, nouveaux services, nouveaux usages et nouveaux entrants bousculent les acteurs établis. En transformant les équilibres avec les clients, les fournisseurs et l’environnement économique de manière générale, c’est la valeur ajoutée qui tend à se déplacer dans les filières.

La politique industrielle consiste à établir les conditions d’un cadre propice au développement des entreprises, afin notamment de leur permettre de saisir les opportunités offertes par les nouvelles technologies et les nouveaux usages qui en découlent, qu’elles soient les offreurs ou les clients de ces nouvelles solutions. Elle se décline en quatre volets principaux : l’innovation, le numérique, les compétences et la politique de filière.

L’innovation est un facteur clef pour favoriser la compétitivité hors coût de nos entreprises et leur permettre de se différencier à l’international. Le Gouvernement s’est fixé une feuille de route qui ambitionne de positionner la France en tant qu’acteur de premier plan en matière d’innovation de rupture. Outre les mesures consistant à rapprocher les chercheurs du monde entrepreneurial portées dans le projet de loi PACTE, le Fonds pour l’innovation et l’industrie (FII) vient capitaliser sur les atouts nationaux en termes d’excellence académique pour apporter des moyens nouveaux qui sont spécifiquement dédiés au financement de l’innovation de rupture. Doté de 10 Mds€ à partir de cessions d’actifs et d’apports en titres, le FII va générer environ 250 M€ par an pour soutenir la souveraineté technologique de notre pays et son développement économique. Parmi les dispositifs financés, les grands défis visent à répondre à des enjeux sociétaux dans des domaines considérés comme pivots à terme. Les trois grands défis actuellement sélectionnés portent sur la médecine personnalisée, la fiabilisation de

l’intelligence artificielle et le stockage de l’énergie haute densité pour la mobilité.

Le Gouvernement est engagé en faveur de la transformation numérique de l’industrie. Le Premier ministre a présenté en octobre 2018 un plan d’action en faveur de l’industrie du futur comportant plusieurs volets. Si à ce jour, environ 5200 PME industrielles ont pu bénéficier d’un accompagnement sur le thème de l’industrie du futur, le Gouvernement s’est donné comme objectif d’accélérer la dynamique en accompagnant 10 000 entreprises supplémentaires d’ici 2020. Par ailleurs, un dispositif de suramortissement fiscal ciblé sur l’investissement de robotisation et de transformation numérique pour les PME industrielles a été mis en oeuvre. Enfin, la mise en place de plateformes numériques au sein des filières industrielles et le déploiement d’une mission sur les plateformes d’accélération de l’industrie du futur viennent compléter ce programme national de numérisation de notre industrie.

L’industrie présente de forts besoins de recrutement pour se développer, tant sur les métiers dits traditionnels que pour se doter de compétences numériques. Si, pour la première fois depuis 2001, l’emploi salarié total dans l’industrie manufacturière a progressé en 2017 (+0.7% soit 21 000 emplois), les industriels rencontrent néanmoins des difficultés pour recruter sur leurs métiers ce qui constitue un frein à leur développement. Par ailleurs, l’industrie se transforme grâce aux technologies numériques et il est essentiel de former aujourd’hui les techniciens

 

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