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01 octobre 2016

UNE ANNÉE À L’ÉCOLE DE GUERRE

Chaque année, il est possible pour des ingénieurs de l’armement de candidater pour rejoindre les bancs de l’Ecole de Guerre. Bien que n’étant pas le passage obligé de nos camarades des forces, cette formation est une année d’ouverture irremplaçable sur le monde de la défense.


Véritable école de l’interarmées pour les forces, l’ancien CID (Collège Interarmées de Défense), qui a repris le nom d’Ecole de Guerre en 2011, a pour mission de former les cadres des armées et de la gendarmerie (ainsi que ceux des « directions et services ») pour leur deuxième partie de carrière.

Composée l’an dernier de 227 stagiaires, les promotions de l’Ecole de Guerre ont comme particularité de comporter plus d’un tiers d’élèves étrangers provenant de 62 nations amies.

 

De l’histoire, de la stratégie, de la planification d’opérations… et des visites

La première chose qui surprend dans l’enseignement de l’Ecole de Guerre, c’est la diversité des matières abordées.

D’une manière générale, les cours sont organisés autour de 3 grandes thématiques :

  • sciences humaines et sciences de la guerre ;
  • préparation des forces ;
  • emploi des forces.

Ils permettent de s’initier à l’ensemble des problématiques auxquelles sont confrontés les états-majors que ce soit dans le domaine des relations internationales, de la préparation de l’avenir ou encore de la conduite des opérations.

L’histoire et la stratégie sont bien sûr au cœur des enseignements. Les exercices de planification d’opérations le sont également, que ce soit au sein de l’école ou en lien avec d’autres écoles européennes. Le plus emblématique, « Coalition », oppose la moitié des stagiaires à l’autre sur une durée d’un mois en jouant le niveau tactique jusqu’aux chaînes décisionnelles stratégiques et politiques.

Parallèlement, un effort important est fait pour parfaire la connaissance des unités sur le terrain. Par des visites en « grand groupe » bien sûr, mais également par des séjours en petit comité appelés « embarquements ». Le principe est de passer un ou plusieurs jours en immersion. Ces « embarquements » permettent de vivre quelques belles expériences que ce soit à bord d’un Rafale, d’un SNLE ou au sein d’une unité de gendarmerie.

Enfin, une attention particulière est accordée au développement personnel. Un volume d’heure important est accordé à la communication, à la négociation ainsi qu’à la « joute oratoire ».

 

Un véritable espace de rencontre

Avant toute chose, l’Ecole de Guerre est un formidable lieu de rencontre et d’échange avec les opérationnels. On y redécouvre nos partenaires des forces avec des préoccupations qui ne nous sont pas forcément familières. De plus, le positionnement d’un IA au sein d’une promotion est également particulier. Cela tient, d’une part au fait que la représentation DGA reste modeste (4 stagiaires l’année dernière) comparée à celle des forces. Mais cela tient surtout au fait que la majorité des stagiaires ne sont pas ou peu familiers avec le monde des programmes d’armement.

Les relations que l’on parvient à tisser avec nos camarades sont également très précieuses. Elles s’adossent à un véritable esprit de promotion (largement construit de manière extra-scolaire…) et le réseau qui en résulte se révèle être un atout pour collaborer avec les différentes entités du ministère de la défense.

Inversement, un ingénieur de l’armement devient naturellement un ambassadeur de la DGA pour ses camarades. Cela concerne bien sûr la vie des programmes et leurs aléas, qui sont souvent vécu différemment dans les forces qu’ils ne peuvent l’être à la DGA. Mais c’est surtout l’occasion d’apporter au groupe une culture et vision qui va dans le sens du « penser autrement » prôné à l’Ecole de Guerre : la conduite des projets ou la façon d’aborder le management (ou le commandement) sont de bons exemples.

 

L’apport de l’Ecole de Guerre pour un IA

Le positionnement de l’Ecole de Guerre dans le parcours d’un ingénieur de l’armement n’est pas aussi naturel qu’il peut l’être que pour un officier des forces. Ce passage n’étant en rien obligatoire, il est donc le fruit d’une véritable démarche personnelle.

De plus, cette scolarité est bien souvent capitalisée par une affectation proche des armées voire même hors DGA au sein du ministère de la défense ou de la DGGN. Cela représente le double avantage de poursuivre un parcours proche des forces tout en pouvant s’appuyer sur une légitimité donnée par le brevet acquis à l’issue de l’Ecole de Guerre.

 

Bien qu’il fasse sortir des parcours classiques, le cursus de l’Ecole de Guerre est un choix tout à fait pertinent pour un IA qui souhaite faire un passage au sein des forces. Dans tous les cas, on y apprend beaucoup, au moins autant pendant qu’en dehors de l’amphithéâtre Foch.

 

      
Yann LEPAGE, IPA, Stagiaire de la 23ème promotion « Verdun » de l’Ecole de Guerre
De formation X-Supaéro, Yann Lepage a débuté sa carrière au sein de DGA Essais en vol où il a encadré les activités drones et systèmes. Après une scolarité au sein de la promotion « Verdun » de l’Ecole Guerre, il a rejoint la DRM.
 

 

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