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01 juin 2017

PRÉPARER L’AVENIR

Afin d’anticiper les futurs besoins de ses clients et les ruptures technologiques de demain, Airbus Helicopters maintient son investissement en matière de recherche et développement malgré un environnement de marché contraint.



L'innovation n’a de sens que si elle est mise au service de nos clients. L’affirmation sonne comme une évidence, mais elle se trouve pourtant au cœur de la stratégie d’Airbus Helicopters en matière de recherche et développement. A eux seuls, les chiffres peuvent donner un aperçu de l’engagement de notre société en matière de préparation de l’avenir : nous investissons en effet aujourd’hui sept fois plus qu’en 2007 en R&D. Mais pour Airbus Helicopters, l’innovation ne se résume pas à cet effort financier. C’est un état d’esprit, un mode de fonctionnement, une ligne conductrice qui anime l’ensemble de l’entreprise dans un souci de proposer des hélicoptères toujours plus sûrs, plus performants, plus compétitifs, tout en préparant l’avenir des modes de transport à décollage et atterrissage vertical.

Amélioration continue
Innover, c’est d’abord donner confiance dans le présent. La flotte mondiale d’hélicoptères Airbus représente plus de 12 000 appareils, en service auprès de 3  000 clients. Notre devoir absolu est d’assurer la sécurité des vols, la qualité de nos produits et services, et d’améliorer constamment la compétitivité de notre offre. Autant de priorités qui exigent un effort permanent de nos ingénieurs, chargés de proposer des réponses innovantes aux défis quotidiens de nos clients et opérateurs. L’amélioration continue de notre gamme prend des formes diverses : digitalisation de la maintenance, nouvelles technologies de production, approches « redesign-to-cost »… À titre d’exemple, Airbus Helicopters a récemment validé une nouvelle définition d’ensemble arrière (rotor anticouple + poutre de queue) potentiellement applicable à notre gamme actuelle de monomoteurs légers. Cette nouvelle définition simplifiée permettra de réduire les cycles de production, tout en réduisant les coûts et en améliorant la fiabilité de l’ensemble. Une approche globale qui place le client –  à travers la compétitivité et la qualité – au cœur du dispositif.

Innover, à court et moyen terme
Innover, c’est aussi préparer les technologies qui, demain, nous permettront de mettre sur le marché une nouvelle génération de produits qui apporteront une forte valeur ajoutée à nos clients. Le H 160, dont deux prototypes sont actuellement aux essais en vol, est l’un des meilleurs ambassadeurs de cette stratégie. Concentré de nouvelles technologies (68 brevets ont été déposés pour soutenir la conception du H 160), le remplaçant du Dauphin établira de nouveaux standards en matière de discrétion acoustique, de maîtrise des vibrations ou de facilité de maintenance.
Au-delà des performances de la plate-forme, notre effort en matière de R&D va aussi permettre d’innover considérablement dans la façon dont nous produisons les hélicoptères, et ce toujours au bénéfice de nos clients. Ainsi, grâce à un processus industriel plus moderne, inspiré des logiques de l’automobile et des avions commerciaux, nous allons non seulement abaisser les coûts, mais aussi faciliter significativement les activités de customisation sur la chaîne d’assemblage. Cette modernisation permettra ainsi à nos clients de décider plus tardivement de leurs équipements optionnels, tout en assurant une standardisation et une qualité accrues dans le cycle de production.
Préparer les produits et services de demain, c’est également tester et valider certaines des briques technologiques qui bénéficieront à notre gamme dans un avenir proche. Le banc d’essais volant Bluecopter a ainsi permis à Airbus Helicopters de tester en conditions réelles des innovations qui, demain, pourraient être appliquées à la gamme existante, ou intégrées sur les appareils actuellement en développement : nouveau design de fenestron, rotor principal amélioré, allumage/extinction rapide d’une turbine sur bimoteur… Dans la même logique, le programme de démonstration HCE (High Compression Engine), mené sous l’égide du programme Clean Sky 1, a permis de valider l’intégration d’un moteur à haut taux de compression sur hélicoptère léger et d’en préparer l’installation sur les drones légers de demain. En somme, autant de technologies qui contribuent dès aujourd’hui à dessiner pour nos hélicoptères un avenir plus sûr, plus économique, et plus performant, en pleine adéquation avec les besoins du marché et de nos clients.

Vision d’avenir
Innover, c’est enfi n faire preuve de courage et de clairvoyance face à un avenir inconnu, à des ruptures technologiques toujours plus inattendues, et à un marché traditionnel de l’hélicoptère potentiellement bousculé par l’arrivée de nouveaux systèmes. Capitalisant sur l’expérience acquise au travers du programme de démonstration X3, Airbus Helicopters continue d’investir pour préparer l’avenir de l’hélicoptère à haute vitesse. Avec le concept hybride (un rotor principal suppléé par deux rotors latéraux), notre ambition est de gagner en vitesse de façon intelligente, en recherchant le meilleur équilibre entre performances pures, réduction des émissions, compétitivité et simplicité du design. Le pari est simple mais audacieux : en offrant une vitesse accrue de 50 % pour un coût d’exploitation supérieur de 25 %, l’objectif est de rendre la vitesse accessible pour nos clients sur des missions comme le transport d’urgence ou la recherche et sauvetage, à l’horizon 2030. Cette vision d’avenir fait actuellement l’objet d’un nouveau projet de démonstrateur, orienté sur les aspects missions et co-fi nancé au titre du programme européen Clean Sky 2, et dont le vol inaugural est prévu au tournant de la décennie.
Les technologies de vol autonome et les produits associés, qui font couler tant d’encre depuis quelques années, sont également au cœur de notre stratégie d’innovation. Dans le domaine militaire d’abord : avec le projet VSR 700, Airbus Helicopters entend capitaliser sur l’expérience acquise depuis plus de dix ans au travers de plusieurs programmes de démonstration grandeur nature afi n de proposer, à l’horizon 2019, un drone VTOL léger, embarqué et polyvalent, capable de répondre aux besoins des marines internationales. Secteur stratégique, le vol autonome promet également de transformer en profondeur le monde civil, et Airbus a l’intention de jouer un rôle de premier plan dans cette révolution annoncée. Des millions d’heures sont perdues chaque année dans les mégapoles du monde entier à cause des embouteillages. L’avènement de véhicules propres, économiques et permettant de transporter de façon autonome des passagers sur de courtes distances est un formidable défi lancé à notre industrie historique de l’hélicoptère. Avec le projet CityAirbus, lancé en 2017, Airbus Helicopters entend apporter sa contribution à cette problématique. Véhicule à propulsion électrique, capable d’embarquer jusqu’à 4 passagers sur de courts trajets urbains, CityAirbus doit faire l’objet de premiers essais en vol fi n 2018. Ce projet ambitieux est l’occasion d’affi ner les contours de nouveaux objets volants qui, demain, pourraient changer notre vision du ciel.

 
VISITE DES INGÉNIEURS DE L’ARMEMENT À AIRBUS HELICOPTERS MARIGNANE
  De gauche à droite : Alexander Schaub, Magalie Gibergues, Nathan de Lara, Yoel Dadoun, Thibaut Lajoie-Mazenc, Albert Desmoulins, Jérôme de Dinechin, Hervé Strozyk, Nicolas Cliche, Lucien Masson.


Le 25 janvier dernier, la promotion des Ingénieurs de l’Armement X2012 a pu visiter le site d'Airbus Helicopters à Marignane dans le cadre de la FAMIA (Formation Administrative et Militaire des Ingénieurs de l’Armement). Différentes lignes de production nous ont été présentées, notamment celle des H225 Super Puma / Caracal. Ces appareils complexes sont produits en nombre relativement limité, et différentes versions sont disponibles, ce qui fait de l’assemblage de chaque exemplaire un vrai défi logistique et technique. Après un court passage par la fabrication des transmissions et rotors, pièces de précision et chefs d’œuvre d’ingénierie, nous avons pu assister à quelques essais impressionnants de vols d’hélicoptères assemblés sur site. Dans la deuxième partie de la visite, la ligne de production des H130 Écureuil était au programme. Optimisée afi n de pouvoir soutenir une cadence de production plus importante que la première, elle était découpée en une dizaine d’étapes de durée équivalente, afi n de faciliter la production en chaîne. L’intérêt est bien sûr de produire à plus bas coût en gagnant en effi cacité. Bien évidemment, le MCO (Maintien en Condition Opérationnelle) n’était pas oublié, et nous avons pu discuter avec les techniciens chargés de la maintenance des appareils de retour des théâtres d’opérations. Nous avons ainsi appris que ce métier comportait des risques imprévus : attention aux morsures d’araignées venimeuses piégées dans les appareils qui reviennent du désert ! Alors que la météo devenait de plus en plus capricieuse et que la grêle commençait à s’abattre sur le site de Marignane, nous avons fi ni la visite sur une présentation plus générale du groupe Airbus. Nous aurons surtout retenu l’enthousiasme de la jeune chargée de communication lorsqu’elle nous a parlé de son métier à Airbus Helicopters : son père déjà y travaillait, et malgré un marché de l’hélicoptère qui n’est pas au plus haut de sa forme, pour elle, il n’y a pas de métier plus passionnant ! Pour la promo IA 2015, Alexander Schaub.

 

 


Jean-Brice Dumont, IPA, VicePrésident Exécutif Engineering-Airbus Helicopters
  Jean-Brice Dumont (X, Sup’Aéro) a débuté sa carrière professionnelle aux essais en vol à la DGA, sur le programme Tigre. En 2008, il rejoint Airbus Helicopters où il occupe plusieurs postes à la direction des programmes NH 90 et Super Puma, avant de prendre la direction du bureau d’études en juin 2012. En février 2017, il est nommé directeur de l’ingénierie d’Airbus.

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