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Mise en place impeccable sous la patrouille de France
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28 octobre 2023

AUX CHAMPS… ARMEMENT !
DANS LES COULISSES DU PREMIER 14 JUILLET DE LA DGA

Aux yeux du public et des autorités, le défilé de la DGA ne dure que pendant les vingt secondes au cours desquelles elle passe devant la tribune présidentielle. De ces vingt secondes dépendent l’image et la crédibilité militaire de la DGA aux yeux des armées. Cette criticité à elle seule justifie les trois semaines de répétitions qui précèdent le jour J et une préparation qui démarre dès le début de l’année.


Ce 14 juillet 2023, 78 défilants et 6 remplaçants ont contribué au tout premier défilé de la DGA sur les Champs-Elysées, affirmant ainsi leur communauté de destin avec les armées qu’elles équipent. Le détachement a rassemblé des IA, des IETA, des commissaires et des gendarmes de l’armement ; il a été constitué de sorte à respecter les ratios entre les différents corps militaires et les différents directions, métiers, et sites de la DGA. Pour symboliser cet événement historique, le fanion a été conçu et fabriqué, les épées ont été forgées et un nouvel insigne a été créé, plus conforme aux chartes militaires que l’ancien. Les heureux défilants ont eu l’honneur d’être les premiers à prendre part à une cérémonie – et quelle cérémonie ! – avec ces attributs.

Le détachement autour du DGALe détachement autour du DGA

Pourquoi avoir voulu défiler ?

MD : Ce qui m’a attirée dans cette aventure, c’est la profonde conviction que la DGA mérite de gagner en notoriété, à la fois au sein du ministère des armées, et vis-à-vis du grand public. Ce qui m’a fait sauter le pas pour candidater en tant que chef de détachement, c’est l’envie de me confronter à un exercice inconnu… et probablement un grain de folie passager !

TNH : Mon premier défilé il y a 10 ans sous les couleurs de l’X m’a laissé d’impérissables souvenirs que je chéris avec nostalgie. J’ai donc sauté sur l’occasion quand l’appel à volontaires a été lancé pour ce premier millésime DGA ! Je ne m’attendais pas à ce que le personnel DGA, en particulier civil, suive à ce point le défilé. Cela m’a vraiment fait plaisir.

Fréjus

MD : Nos premiers entrainements ont eu lieu à Fréjus, où il a fallu (re)voir les bases. L’ordre serré c’était (au mieux) des souvenirs lointains pour la plupart d’entre nous !
Pourquoi Fréjus ? D’une part la ville nous a mis à disposition les pistes de l’ancienne base aéronavale, où nous avons pu reconstituer la topographie des Champs-Elysées. Par ailleurs, le 21e RIMA a relevé le défi de nous aider ; le capitaine Besnard est ainsi venu seconder notre instructeur « maison », l’ICETA de réserve Ludovic Patois, qui a cumulé tous les rôles (défilant, instructeur, grand logisticien…)

TNH : Fréjus a été aussi la première occasion d’expérimenter le port de l’épée pour tous… et le port du fanion pour moi. Mon épaule et mon poignet se souviennent bien de son poids !

MD : Après quelques couacs (fanion reçu non monté, épées livrées en retard, bélières de mauvaise facture…) vite surmontés par notre équipe d’organisation de choc, nous sommes entrés dans le vif du sujet : marcher ensemble, tenir les alignements en ligne et en colonne jusque dans le virage, uniformiser les hauteurs de bras, les angles des fourreaux… Pour faire rentrer tout cela dans les têtes, même bien faites, il n’y a qu’une solution : que ça rentre par les pieds. Nous enchaînâmes donc les kilomètres.

TNH : En plus des alignements du bloc, il fallait aussi respecter des distances précises : 6m entre Marie et le fanion, 6m entre le fanion et les chefs de section (Anne-Lore et Ludovic), 2m entre les chefs de section et la troupe. Maintenir ces distances n’a pas été de tout repos, d’autant que la troupe se disloque facilement en cas d’accélération.

« … QUE CA RENTRE PAR LES PIEDS »

MD : « Marie, ralentis » … deux mots que Toan a beaucoup prononcés pour m’éviter de m’échapper !

TNH : En-dehors des répétitions, vivre en autarcie à Fréjus nous a permis de bâtir une cohésion exceptionnelle et a eu le mérite de désilotter la DGA. Dans notre organisation faite de directions et de centres qui ne se parlent que par hiérarchie interposée, j’ai eu la chance de rencontrer des personnels venant des quatre coins de la France, d’autres UM, d’autres métiers techniques, du SEREBC, du SQ, et même des gendarmes de l’armement ! Nous avons pu discuter et échanger sur le quotidien de chacun, les problèmes rencontrés et les moyens de fluidifier les échanges au sein d’une organisation notoirement trop rigide.

Satory

MD : Le 7 juillet, nous sommes entrés dans une autre dimension avec les répétitions officielles du défilé, au côté des autres unités – enfin plus exactement devant et derrière elles.
Nous répétions tous les jours, parfois aux aurores sur les champs, parfois sous un soleil de plomb sur les pistes de Satory. Des tours de piste en série sous l’œil vigilant voire réprobateur des généraux de l’armée de terre responsables de la réussite du défilé.

TNH : Au niveau de la tribune, il y avait 4 caméras qui nous filmaient sous tous les angles. Impossible de manquer un désalignement de bras ou une perte de cadence ! Les cadres avaient droit à chaque fois au debriefing – souvent long, près d’une heure – de tout le demi-défilé… puis avaient à peine le temps de donner les consignes aux troupes avant un nouveau tour de « machine à poulets ».

MD : Au-delà de l’exercice du défilé lui-même, les échanges avec les autres régiments présents, et l’observation de toute l’organisation – démentielle – de cette véritable opération militaire fut très enrichissante.

Un tour de « machines à poulets » au camp de Satory

Un tour de « machines à poulets » au camp de Satory

TNH : Nous étions hébergés pour la plupart en casernements par chambres de 18 avec une obligation de port de tenue militaire (treillis) au sein du camp. Ce retour aux conditions spartiates des classes militaires a en fin de compte été une superbe façon de renforcer encore la cohésion. Et puis on ne peut pas vraiment se plaindre quand on voit d’autres régiments hébergés sous tentes !

MD : Le point culminant émotionnel de ces répétitions fut indéniablement le passage complètement raté sur les champs le 11 au matin, alors que le Délégué avait justement fait le déplacement pour nous voir ! La pression montait, les corps fatiguaient. C’est là que la cohésion du groupe s’est révélée indispensable ! Haut les cœurs, et on garde la banane !

TNH : Le mercredi 12, les répétitions générales à Satory se sont mieux passées mais il restait des erreurs. Honnêtement, au terme de cette journée, personne ne savait si nous serions à la hauteur le 14.

Champs-Elysées

TNH : Le jour J obéit à une logique extrêmement précise, notamment dans le convoyage des bus car nous sommes nombreux à partir de Satory et qu’il ne faut pas provoquer de bouchons jusqu’aux Champs ! Chaque convoi suit un itinéraire précis, fait halte à des points de passage avec un minutage précis pour respecter l’ordre des bus puis arrive sur son emplacement à une heure précise : 7h57 pour nous. Entre l’arrivée du premier et du dernier détachement, près d’une heure s’est écoulée !

Prêts pour l’heure H

Prêts pour l’heure H

MD : Commence ce moment un peu lunaire de la mise en place et de l’attente de l’heure H. Ça y est, nous y sommes. Heureux, fiers, tendus, ne sachant pas bien si la solennité des lieux et de l’événement est terrorisante ou galvanisante.

TNH : Nous profitons des dernières moments de relâchement pour nous prendre en photos dans ce cadre prestigieux, avec Emmanuel Chiva et Thierry Carlier qui sont venus nous encourager.

MD : Lorsque la revue des troupes commence, quelle émotion ! A ma droite le fanion et sa garde, les chefs de section, puis tout le détachement, sans parler des autres unités alignées sur les champs… on ne peut pas se voir - on est au présentez armes, regard fixe - mais étrangement on est d’autant plus « ensemble ». Et puis tout s’enchaîne très vite : en avant-marche, à droite-droite, portez armes…nous voici prêts à défiler, la Concorde en ligne de mire (vachement loin quand même).

TNH : Quand le défilé commence, nous nous concentrons pour chasser les déconvenues des jours précédents… mais très vite, les émotions affluent. La joie est décuplée par la fierté. Les applaudissements en continu de la foule sur ces 1,5km de descente nous transcendent. Le passage devant les chevaux de Marly puis la tribune présidentielle nous galvanise ! Du coin de l’œil, j’essaie de repérer quelques IGA en tribunes… mais c’est peine perdue.

MD : Après la tribune, les quelques centaines de mètres pour dégager la zone, sans aucune possibilité de savoir comment ça s’est passé derrière moi, me semblent interminables. Enfin, rompez les rangs ! Le reste n’est que liesse. Échanges d’impressions entre nous, toutes positives. Images télé relayées par nos proches, toutes magnifiques. Et, très vite, premiers messages de félicitations des autorités, tous chaleureux.

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