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Le nouvel insigne de la DGA
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08 avril 2024

LE NOUVEL INSIGNE DE LA DGA
ENTRE ÉVOLUTION ET HÉRITAGE HISTORIQUE REVENDIQUÉ

En mars 2023 le dévoilement du nouveau logo de la DGA rendait l’insigne de tradition, aussi appelé « pucelle », de la DGA obsolète. Ce fut l’occasion de le faire évoluer de manière importante afin de refléter les valeurs de la DGA. À la suite de sa révélation à la veille du 14 Juillet 2023, il a pu ainsi être arboré par les OCA(1) pendant le défilé.
Retour sur sa conception.


Histoire

Même s’il n’est pas question ici de faire un historique détaillé des insignes liés à l’armement, faisons un léger détour pour découvrir certaines symboliques remarquables.

Tout d’abord, il est intéressant de noter que l’utilisation du fer de lance en tant que symbole de l’armement est relativement récent : les premières traces remontent aux années 1960 et sont contemporaines de la création de la Délégation Ministérielle pour l’Armement. Au milieu des années 1970, ce symbole est déjà fermement établi comme celui de la DMA (puis de la DGA). Il s’agit par ailleurs d’un symbole utilisé exclusivement par la DGA en France et présent sur les galons, boutons d’uniformes, macarons de casquette, et insignes de béret des IA et IETA, ainsi que sur l’insigne d’ancrage des commissaires et maintenant sur la garde de l’épée des officiers des corps de l’armement.

Toutefois, l’insigne de tradition de la DGA n’apparaît qu’en décembre 1990, à l’occasion de l’introduction du nouveau logo de la DGA. Seules certaines entités en possédaient un et le besoin d’en équiper les militaires en service à la DGA est apparu après les premières diffusions du logo. Le dossier d’homologation de ce premier insigne est explicite sur cette filiation et sur le processus de dessin : l’insigne est le logo sur fond blanc flanqué respectivement à gauche et à droite d’une barre bleue et d’une barre rouge, en référence aux couleurs nationales.

Il existe cependant d’autres symboles utilisés historiquement pour représenter la thématique de l’armement. Le plus répandu est celui du poignard broché sur des canons croisés, surplombant des flammes.

On le retrouve ainsi sur les boucles de ceinturon des uniformes modèle 1931, ou sur des insignes d’arsenaux (la Manufacture d’Armes de Saint-Etienne par exemple).

Enfin, il est amusant de constater qu’avant-guerre la symbolique de l’armement était sans équivoque, comme le montre la photo d’un insigne du “Ministère de l’armement”, faisant explicitement apparaître canon, mitrailleuses et blindage.

 

 

Le SHD

La conception de cet insigne n’aurait pas pu se faire sans le soutien du Service Historique de la Défense, et tout particulièrement du LCL Joussen, de la division de la symbolique de Défense. En effet, enthousiastes à l’idée de voir évoluer l’insigne de tradition de la DGA, les membres concernés du SHD ont très activement accompagné cette démarche, des dessins initiaux à l’homologation.
Cette section est la mémoire de la symbolique des armées, directions et services. Nichés dans leurs locaux du château de Vincennes, dans des bureaux à mi-chemin entre caverne d’Ali Baba et salle de musée, ils possèdent une large collection de pucelles, morceaux d’uniformes, drapeaux, fanions, collection qu’ils connaissent sur le bout des doigts.
Si vous cherchez une activité de cohésion mêlant petite et grande histoire, n’hésitez pas à rendre visite au SHD.

Objectifs

Le choix d’un nouvel insigne de tradition est fort : comme nous l’avons vu, il s’inscrit de fait dans un historique établi et existe dans la durée (plus de 30 ans pour l’insigne précédent, période relativement courte pour un insigne de grande unité par ailleurs). Par conséquent, le maitre mot dans le design de cette pucelle fut la simplicité au service de la clarté : un bon insigne est un insigne qu’on distingue clairement, avec une symbolique sans équivoque et universelle. Ce dernier point est important, car l’insigne sera certes distribué aux militaires servant à la DGA, mais aussi au personnel civil, sous forme de broche : tous les personnels de la DGA doivent pouvoir se l’approprier et se retrouver dans les valeurs qu’il porte.

Par ailleurs, la DGA s’inscrivant dans une histoire commencée à la création de la DMA en 1961, l’insigne doit marquer cette continuité.

Enfin, il nous semblait important de bien distinguer l’insigne du logo, car ils ont des utilisations et portent des valeurs bien différentes. En effet, si le logo représente la DGA en tant qu’institution – d’où son utilisation dans les documents officiels – l’insigne représente ses personnels et le corps constitué qu’ils forment, au service du pays dans le domaine de l’armement. L’intérêt supplémentaire de découpler logo et insigne est de pouvoir faire évoluer le logo sans avoir à reprendre l’insigne.(2)

Objectifs

Le choix d’un nouvel insigne de tradition est fort : comme nous l’avons vu, il s’inscrit de fait dans un historique établi et existe dans la durée (plus de 30 ans pour l’insigne précédent, période relativement courte pour un insigne de grande unité par ailleurs). Par conséquent, le maitre mot dans le design de cette pucelle fut la simplicité au service de la clarté : un bon insigne est un insigne qu’on distingue clairement, avec une symbolique sans équivoque et universelle. Ce dernier point est important, car l’insigne sera certes distribué aux militaires servant à la DGA, mais aussi au personnel civil, sous forme de broche : tous les personnels de la DGA doivent pouvoir se l’approprier et se retrouver dans les valeurs qu’il porte.
Par ailleurs, la DGA s’inscrivant dans une histoire commencée à la création de la DMA en 1961, l’insigne doit marquer cette continuité.
Enfin, il nous semblait important de bien distinguer l’insigne du logo, car ils ont des utilisations et portent des valeurs bien différentes. En effet, si le logo représente la DGA en tant qu’institution – d’où son utilisation dans les documents officiels – l’insigne représente ses personnels et le corps constitué qu’ils forment, au service du pays dans le domaine de l’armement. L’intérêt supplémentaire de découpler logo et insigne est de pouvoir faire évoluer le logo sans avoir à reprendre l’insigne.(2)

Symbolique

Ainsi, la symbolique de ce nouvel insigne se décompose en trois éléments forts :

- Un écu circulaire, faisant apparaître les couleurs nationales, propre aux entités à compétence nationale telles que la DGA, et témoin de l’engagement de ses personnels au service de l’État ;
- Un fer de lance broché au centre de l’insigne, symbole historique de la DMA et de la DGA, ainsi que de l’armement en général ;
- Une couronne de feuilles de chêne et de laurier, rappelant respectivement les vertus militaires et civiles, représentant ainsi à la fois les personnels de la DGA (civils comme militaires), la mission centrale et historique de la DGA qui est celle d’équiper non seulement les forces militaires dépendant du Ministère des Armées, mais aussi des entités régaliennes dépendant du Ministère de l’Intérieur (Sécurité Civile, Police Nationale, Gendarmerie) ; elle représente aussi son implication auprès de la base industrielle et technologique de défense, composée d’entreprises privées.
À titre d’anecdote, l’angle formé par les branches inférieures du fer de lance avec la verticale, d’exactement 61°, est un hommage à l’année de création (1961) de la DMA. Enfin, l’insigne est doré – et non argenté – comme il est d’usage pour les grandes directions et services.

Pourquoi moi ?

Pour quelle raison me suis-je retrouvé à faire cet insigne ? Tout simplement parce que je n’ai pas respecté la règle principale d’un bon officier français : ne jamais prendre d’initiative. En effet, dans un moment d’égarement, j’ai eu le malheur de faire deux modèles en impression 3D de ce que pourrait donner un insigne. Trois jours plus tard, j’héritais de cette tâche.
Ce fut cependant un véritable travail d’équipe, entre le design, le travail sur différentes variantes, la commande et la distribution. Cet article est ainsi l’occasion de remercier Luc Binet, Jean-Charles Brunet, le LCL Marcel Joussen, Nicolas Farcy, Mathilde Herman et Isis Jertila-De Lavau d’avoir mené à bien l’« opération pucelles ».

Et maintenant ?

L’insigne n’ayant pu être homologué que très tardivement, juste avant le 14 Juillet, seule une petite quantité préalable a été commandée pour les défilants. Cela a cependant permis de bien mettre en avant la DGA, au cours du défilé, et en particulier à sa conclusion, lors de la lecture de la lettre de Jean Moulin par la Commissaire Ancrage Armement Alix.

Une commande plus importante, permettant une distribution de deux insignes pour tous les personnels militaires et d’un pin’s pour l’ensemble des agents de la DGA, est en cours et devrait aboutir rapidement.

La conception et la distribution de ce nouvel insigne, ainsi que l’engouement qu’il génère, nous incitent désormais à envisager de l’associer à un travail de mémoire autour de la symbolique de l’armement. L’organisation d’une exposition mettant en valeur les collections du SHD et permettant de partager largement cet héritage commun du personnel de la DGA pourrait notamment être une opportunité de cohésion et de renforcement de notre sentiment d’appartenance.

Et bien entendu, ce dernier point n’est pas du tout un appel du pied à toute personne intéressée…

 

1 Les commissaires ancrage armement étant inclus dans l’appellation « OCA »
2 Et inversement, mais qui voudrait modifier un si bel insigne ?

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