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01 juin 2017

LA DGA AU CŒUR DE L’ÉVOLUTION DES FLOTTES D’HÉLICOPTÈRES DES ARMÉES

Les hélicoptères des armées de tous types sont toujours plus engagés dans les opérations extérieures et leur plus-value opérationnelle est évidente et incontestable. Elle requiert une adaptation ou des évolutions des flottes existantes aux nouveaux contextes opérationnels et aux exigences du terrain. L’acquisition à moyen terme de nouvelles flottes adaptées à ces nouveaux enjeux est également indispensable.


Des missions opérationnelles de plus en plus nombreuses et diversifiées
Le panel des missions opérationnelles confiées aux hélicoptères des trois armées et des forces spéciales ne cessent, au cours de ces dernières années de se diversifier au gré des crises et conflits rencontrés (Harmattan, Serval, Sangaris, Barkhane, Arromanches…) : transport de combattants, missions de reconnaissance et de recueil de renseignement, recherche et sauvetage en territoire hostile, évacuation sanitaire ou de ressortissants, fonctions de commandement, destruction d'objectifs variés (chars, véhicules légers, postes de commandement, infrastructures, dépôts logistiques…), appui et protection des forces au sol ou encore missions de service public sur le territoire national.
Ces nombreux engagements opérationnels peuvent soulever non seulement des questions sur l’adéquation des plateformes en service avec les besoins rencontrés en opérations mais aussi sur leur disponibilité opérationnelle à travers les opérations de maintenance et la logistique des rechanges.

La DGA au cœur de ces enjeux
La DGA, qui intervient, dans le domaine des hélicoptères, au profit des trois armées, mais aussi au profit de la Gendarmerie nationale, des Douanes et de la Sécurité civile, est au cœur de ces enjeux. Elle intervient sur l’ensemble du spectre qui va de « l’Urgence opérations » à la préparation de l’avenir : elle soutient et promeut les innovations technologiques indispensables aux capacités des hélicoptères de demain, en son nom propre au travers des études amont du programme 144, mais aussi, dans ce domaine dual, en coordination avec la DGAC dans le cadre des Programmes d’investissement d’avenir (PIA). Elle assure la maîtrise d’ouvrage des nouveaux développements que ce soient des adaptations, de nouvelles versions ou de nouvelles plateformes. Enfin, sur les nouveaux développements, la prise en compte au plus tôt de concepts de maintenance innovants sont au cœur de la disponibilité opérationnelle de demain.
La DGA s’appuie sur une industrie nationale et européenne soumise à la concurrence internationale tant sur le marché civil que sur le marché militaire. Cette industrie doit en outre faire face aux fluctuations du marché civil soumis à des facteurs exogènes telles que les évolutions des cours du pétrole dans le domaine de l’offshore. La dualité du domaine est par ailleurs source d’opportunités tant sur les innovations technologiques que sur les projets. Ainsi le renouvellement des gammes civiles, notamment celles d’Airbus/helicopters avec les projets X4 (gamme Dauphin), X6 (hélicoptère de manœuvre) et X9 (gamme EC145), peuvent constituer des opportunités pour les besoins militaires actuels et futurs.

L’adaptation permanente des flottes en service
Pour répondre à l’évolution des missions opérationnelles, il est nécessaire d’adapter les hélicoptères en service, du moins ceux qui ont une durée de vie encore importante. Ces projets de tailles très variées, souvent érigées en « Urgences opérations », requièrent réactivité et un rebouclage très serré avec les opérationnels.

À ce titre, on notera l’intégration de nouveaux armements en sabord ou en axial (M3M et SH20 sur Cougar et Caracal, Gattling sur Gazelle), l’ajout de capacités de communication satellitaires, la généralisation du système d’information tactique SITALAT ou encore l’acquisition de nouvelles capacités de vision nocturne jusqu’à des niveaux de nuit 5 indispensable aux équipages de l’ALAT.
Par ailleurs, des évolutions peuvent aussi être imposées par des conditions d’emploi inédites en opérations extérieures, telles, par exemple, celles des entrées d’air du système propulsif des hélicoptères Caracal opérées dans la bande Sahélo-Saharienne. Enfin, l’évolution des règlementations en vigueur notamment en matière de navigation (OACI) nécessitent de mettre à niveau les flottes les plus anciennes mais aussi les simulateurs pour la formation et l’entraînement des équipages.


L’évolution des hélicoptères de dernière génération
Pour les machines de dernière génération (NH90 et Tigre), l’adaptation aux nouveaux besoins se traduit par le développement de nouveaux standards ou de nouvelles versions qui pourront inclure des évolutions significatives en matière de conduite de tir, de sécurité en vol opérationnel, d’autoprotection et de combat collaboratif.
Pour l’hélicoptère Tigre, une première étape a été franchie fin 2016 avec le lancement du développement du standard 2 de la version HAD avec l’intégration d’un GPS en version SAASM et des roquettes guidées laser de précision métrique afin de disposer d’une gamme élargie d’armements airsol adaptés aux différents types de cibles : missiles air-sol pour des cibles durcies (chars, infrastructures…) et roquettes guidées laser pour des cibles plus « molles » (pick-up, véhicules légers…). Les choix relatifs au standard 3 du Tigre HAD, dont le développement est prévu à partir de 2019, seront établis à la fin de l’année 2017. A cette fin, les études préparatoires portent sur l’intégration d’un futur missile sol-air (MAST-F) et d’une nouvelle conduite de tir à travers l’étude amont MATTI 3 (Maturation technologique pour le Tigre Standard 3). Les améliorations sont axées sur le viseur de toit (Roof monitoring system), le casque de visualisation TopOwl (head monitoring system), la fusion des senseurs, l’emploi de bases de données terrain en vol et l’exploitation du traitement d’image pour la veille offensive et la sécurité en vol.
Quant à l’hélicoptère NH90, des réflexions sont en cours dans le contexte de la prochaine Loi de Programmation Militaire pour une version « Forces Spéciales ». Cette version pourrait intégrer des capacités supplémentaires en matière d’autoprotection et de vision nocturne pour les vols de pénétration à très basse hauteur avec l’intégration de nouveaux capteurs (caméra, capteurs) et des casques de vision de l’équipage adaptés en conséquence. À plus long terme, une rénovation à mi-vie du NH90 devra être envisagée après 2025. Pour ces deux programmes menés en coopération à travers respectivement l’Occar et la Nahema (agence de l’Otan), la préparation de ces évolutions significatives requiert de trouver des partenaires afin de partager les coûts de développement et de limiter le nombre de versions.

L’acquisition d’une nouvelle flotte, le programme d’Hélicoptère interarmées léger (HIL)
Au-delà des adaptations des flottes encore pérennes (Cougar, Caracal) et des nouvelles versions des hélicoptères de dernière génération (Tigre, NH90), il est en outre nécessaire d’acquérir de nouvelles plateformes pour non seulement remplir les missions des flottes qui arriveront en fin de vie à court ou moyen terme (hélicoptères Alouette, Panther, et Dauphin de la Marine, hélicoptères Gazelle de l’armée de Terre et hélicoptères Puma et Fennec de l’armée de l’Air) mais aussi de nouvelles missions, telle la lutte anti-navire avec le missile Anti-navire léger (ANL).
Tel est l’objectif du programme d’Hélicoptères interarmées légers (HIL) qui fait l’objet d’un article dédié dans ce même magazine.


Stéphane Kammerer, IGA Directeur de l’Unité de Management des opérations d’armement hélicoptères et missiles (UM HMI)

Après une première partie de carrière à la DGA dans les programmes de missiles, Stéphane Kammerer a rejoint en 2007 l’Inspection générale des armées-armement et en 2010 le Secrétariat Général à la Défense et à la Sécurité Nationale (SGDSN). Revenu à la DGA en 2014, il est depuis le 1er janvier 2017 directeur de l’UM HMI.

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