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01 juin 2017

ALAT : LE DÉFI DE LA NUMÉRISATION

Apporter aux pilotes une vision synthétique de la situation tactique, partagée en temps réel avec les autres acteurs du théâtre, c’est ce qu’apporte la numérisation des hélicoptères de l’ALAT. Elle permet de réduire le volume d’information échangé par la radiophonie, et d’améliorer considérablement la « situation awareness » des acteurs, donc leur rapidité d’action et leur efficacité tactique.


Numériser un aéronef, c’est lui intégrer une Liaison de Données Tactiques (LDT), exploitée par un SIO (Système d’Information Opérationnel). Concrètement : un écran présentant une carte, enrichie des informations utiles à la mission. Ces informations sont partagées sur un réseau, avec les autres parties prenantes à la mission. L’affichage peut être intégré au porteur, ou déporté, par exemple sur une tablette tactile.
Les « LDT » sont aujourd’hui bien implantées dans le paysage des opérations menées par l’armée de l’Air, notamment au travers de la « Liaison 16 », qui est intégrée sur une bonne part de ses avions. A contrario, l’utilisation de ces LDT par l’ALAT en est, elle, plutôt à ses débuts.


PRÉPARER L’AVENIR PAR LA SIMULATION

Sur le versant descendant du « cycle en V », des travaux en simulation sont menés par la DGA pour préparer l’avenir de ces systèmes, en particulier via des « maquettages logiciels ». Le principe est de développer des démonstrateurs, dotés des fonctions principales, de façon à proposer aux forces un support pour affiner l’expression de leur besoin, dans un processus d’évolution par boucles rapides et agiles. C’est ce processus qui est suivi pour le futur « SCV » (Système de Commandement en Vol), qui vise à proposer à l’ALAT une capacité aéroportée de commandement, et de traduction des différentes liaisons de données (L16 et LH). Le résultat des travaux permet ensuite à la DGA de rédiger des spécifications de bonne qualité, et également aux états-majors d’anticiper les travaux d’évolution des doctrines d’emploi.


Le défi de l’interopérabilité pour l’ALAT

La position particulière de l’ALAT, évoluant à la jonction entre le milieu des terriens et celui des aviateurs, lui donne un rôle spécial sur le schéma de la numérisation de l’espace de bataille. Ainsi, l’enjeu de la numérisation de l’ALAT, c’est l’interopérabilité, c’est à dire la capacité à échanger nativement des informations avec tous types d’acteurs ; de façon à faciliter les opérations conjointes avec les troupes au sol d’une part, et avec l’armée de l’Air d’autre part.
La compatibilité à l’intérieur de la flotte ALAT, composée d’hélicoptères de générations variées –  de la Gazelle (qui fête ses 50 ans) au NH 90 – est assurée pour échanger les positions des participants. Il en est de même avec les troupes au sol de l’armée de Cyprien Lecourt, IA, Responsable technique d’essais et expert, liaisons de données tactiques hélicoptères Diplômé de l’école polytechnique et de l’ISAE, Cyprien LECOURT a rejoint en 2015 le site d’Istres de DGA Essais en vol, où il exerce les fonctions d’expert et de responsable technique d’essais des liaisons de données tactiques sur hélicoptères. Terre. Ce point évolue conjointement avec la numérisation généralisée de l’armée de Terre prévue dans le programme Scorpion et va beaucoup progresser, notamment dans l’extension des échanges possibles, et dans l’interopérabilité avec l’armée de l’Air.

Essais en vol des liaisons de données et de systèmes embarqués
Les preuves, en vue de la qualification de tels systèmes, sont d’abord apportées par des essais sur banc, menés dans divers centres techniques. Cependant, en bout de chaîne, c’est uniquement en vol que sont réunies les conditions dans lesquelles le système peut être pleinement éprouvé, avec toutes ses interfaces. Les interfaces utilisateur ne peuvent également être testées convenablement qu’en vol : des opérations qui semblent simples au sol – naviguer avec un joystick dans un menu – peuvent s’avérer quasi-impossibles dans un hélicoptère qui vibre et qui suit le terrain à 30 m du sol, à 300 km/h.
C’est ce qui rend ce métier particulièrement passionnant pour un jeune ingénieur. Depuis 2015, j’ai eu l’occasion d’organiser et de mener les tests de différentes versions de tels systèmes, sur des hélicoptères variés. Le contexte de travail, mêlant DGA, armée de Terre et industriel, la rapidité des évolutions de tels systèmes, la variété des porteurs, et l’intérêt que porte l’armée de Terre à la numérisation, sont autant de raisons d’apprécier ce travail stimulant.


Cyprien Lecourt, IA, Responsable technique d’essais et expert, liaisons de données tactiques hélicoptères

Diplômé de l’école polytechnique et de l’ISAE, Cyprien LECOURT a rejoint en 2015 le site d’Istres de DGA Essais en vol, où il exerce les fonctions d’expert et de responsable technique d’essais des liaisons de données tactiques sur hélicoptères.


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