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01 février 2017

LA RENAISSANCE DU PRYTANÉE NATIONAL MILITAIRE DANS L’ARMEMENT

 Institution fondée en 1604 par le roi Henri IV, la fonction du Prytanée National Militaire a évolué au cours des siècles tout en gardant son but originel : « Instruire la jeunesse et la rendre amoureuse des sciences, de l’honneur et de la vertu, pour être capable de servir au public ».


Situé à La Flèche, dans la Sarthe, le Prytanée est aujourd’hui composé d’un lycée et de classes préparatoires. Pourvoyeur d’un bon nombre d’officiers, l’établissement a également formé de nombreux ingénieurs et scientifiques de renom. « J’étais en l’une des plus célèbres écoles de l’Europe » écrivait ainsi Descartes, évoquant ses souvenirs du collège royal de La Flèche qu’Henri IV confia aux pères jésuites en 1603. Seul lycée militaire à disposer d’une classe de MP* (anciennement M’), le Prytanée voit depuis longtemps passer par ses bancs de nombreux X et X-IA. C’est avec ces derniers que nous sommes entrés en contact le mois dernier pour analyser et retracer les liens entre les trois entités que sont le Prytanée, l’X et le Corps de l’Armement.


Prise de contact
Après un premier recoupement entre les annuaires du Prytanée et de l’X afin de trouver les coordonnées des brutions-X-IA, nous fûmes très agréablement surpris par la quantité de réponses reçues suite à notre email de demande de renseignements. Parmi la cinquantaine de réponses, figurent des anecdotes inédites dont nous avons gardé certains extraits, des photos de classes et des descriptions détaillées de promotions brutionnes. A l’aide de ces dernières, nous sommes remontés jusqu’aux intégrations à l’X de 1942 et avons pu établir les statistiques que nous vous présentons dans cet article. Les résultats sont probablement incomplets (notamment à partir de la promotion X93) et présentent certainement quelques erreurs.

 

« INSTRUIRE LA JEUNESSE ET LA RENDRE AMOUREUSE DES SCIENCES, DE L’HONNEUR ET DE LA VERTU, POUR ÊTRE CAPABLE DE SERVIR AU PUBLIC »

Le Prytanée et l’Ecole Polytechnique

Comme beaucoup le relatent dans leur témoignage, les années d’études au Prytanée demeurent un souvenir marquant. Nombreux sont les brutions ou ñass (surnom des élèves du Prytanée, du Bahut comme ils aiment l’appeler) qui nous ont raconté leur histoire dans cette grande famille que constitue le quartier de la Taupe Brutionne. Quartier ayant pour objectif traditionnel l’intégration à l’X, c’est en son sein que se sont forgés un esprit de cohésion et des amitiés d’une vie.

Depuis 75 ans, au moins 588 brutions ont intégré l’X. Entre les années 40 et 60, le Prytanée est monté en puissance jusqu’à former entre 15 et 20 X par an dans les années 60-70 (sur une classe de 32 à 35 élèves). La chute des résultats à la fin des années 70 s’explique par le départ à la retraite du professeur de mathématique en 1976. Les intégrations se maintiendront autour de la dizaine jusqu’au milieu des années 90 et l’entrée en vigueur d’une réforme des classes préparatoires en 1997. Elle créa de nouvelles filières et la répartition des places à l’X défavorisa la filière M’, devenue MP*. Les résultats du Prytanée baissèrent alors. Une explication serait que les élèves du Prytanée intégraient l’X dans la seconde partie du classement et pour plus d’une moitié en cube (5/2).

Les résultats sont en baisse et le cercle vicieux s’enclenche : les meilleurs élèves de lycée délaissèrent le Prytanée pour les écoles préparatoires parisiennes…

L’importance du Prytanée pour le corps de l’Armement
Le Prytanée est un terreau important d’IA. Sur les 588 brutions-X depuis 1942, 144 ont intégré le corps de l’Armement, environ le quart !

Le corps de l’Armement est, pour les brutions, le moyen de concilier le service de la nation, l’amour des sciences et des techniques et le travail au profit de leurs camarades des armées.
Soulignons que le Prytanée forme également chaque année des IETA, dont certains deviendront par la suite IA.

Les résultats du Prytanée ne sont plus ce qu’ils étaient. L’intégration est pourtant possible, comme nous l’a prouvé Nicolas Cruaud cette année en rejoignant la promotion X2016. Comment relancer la « machine à X » des années 60-80 ? Comment le corps de l’Armement et plus largement la DGA peuvent-ils aider un établissement qui leur a tant apporté ?


. Jean-François Clervoy (X78, 6513C) est spationaute. La DGA le détacha au CNES dès sa sortie d’école d’application (SUPAERO). Le CNES le détacha par la suite… à la DGA de 86 à 92 ! La boucle est bouclée. Lors de ses voyages dans l’espace, il a notamment emporté : le fanion de la taupe brutionne, son bicorne, le CD gravé avec le nom de tous les X à la date du bicentenaire et la médaille de la DGA (retournée au DGA par la suite).

. Patrick Bouteloup a intégré deux fois l’X depuis le Prytanée, en 1973 puis 1976. La première fois, il a été exclu pour manque de travail. Il a donc connu l’intégration à l’Ecole Polytechnique de la montagne Sainte Geneviève, puis de Palaiseau. D’après l’annuaire du Prytanée, il a deux matris (5104C et 6330C). D’après l’annuaire de l’X, il n’est que X76. . Pensée pour notre camarade brution Thierry Duquesne, X81, IGA et directeur de la Programmation, de l’International et de la Qualité au CNES, qui nous a quittés le mois dernier.

 


Le B brution barré d’une flèche, symbole du Bahut, a été peint sur la coupole du Panthéon à l’époque où l’X était dans Paris. On peut le voir sur l’image google map ci-dessous, datant de 2008. Il a été effacé lors du nettoyage du Panthéon en 2014.

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