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SMDR dans le désert
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21 mars 2022

DRONES « AU CONTACT »
ATOUTS INDÉNIABLES POUR LE RENSEIGNEMENT DES DIFFÉRENTS ÉCHELONS TACTIQUES

Publié par Marie-Line FALCHI, IPETA | N° 125 - DRONES

Dans les conflits assymétriques et terroristes, les données de renseignement sont essentielles. Les drones dits « de contact » constituent un moyen d’observation privilégié. Sont appelés « drones de contact » les drones dont le poids est compris entre quelques grammes et une centaine de kilos. Ils sont utilisés par les opérateurs « au plus proche » de l’ennemi, par l’armée de Terre, l’armée de l’Air et de l’Espace et la Marine, aussi bien par leurs forces conventionnelles que spéciales. Deux exemples sont présentés dans cet article. 


1/ système de mini drones de reconnaissance SMDR, outil du régiment de l’armée de Terre

Le SMDR, développé par Thales LAS, vole jusqu’à 30 km avec une autonomie proche de 3h, soit 3 fois les capacités de son prédécesseur DRAC (drone de reconnaissance au contact). Mis en œuvre par des opérateurs spécialisés, le SMDR permet de recueillir du renseignement, de jour comme de nuit, d’acquérir des objectifs, d’évaluer des frappes ou encore de contribuer à des attaques ciblées. Un système SMDR contient un segment sol et trois drones. 

Une première version du SMDR est déployée par l’armée de Terre à Barkhane depuis décembre 2020, alors que le développement de la version finale se poursuit. Le choix de cette projection anticipée en OPEX, très rapidement après sa mise au point, a été fait pour répondre aux besoins urgents du théâtre, après validation des fonctions principales par la DGA et la STAT. Depuis février 2021, 5 systèmes se trouvent ainsi en permanence au Sahel, sur les 10 livrés à ce jour. Début décembre 2021, les systèmes SMDR avaient accumulé 1800 heures de vol dont 1300 heures en OPEX. 

Soutenu les premières semaines par l’équipe de marque de la STAT et de futurs instructeurs du 61e RA (centre de formation drones de l’armée de Terre), présents au Mali, le déploiement du SMDR a permis de démontrer les qualités du système et sa pertinence sur le terrain. Outre ses missions principales de recueil de renseignements, les missions du SMDR ont aussi été étendues au fur et à mesure de l’expérience acquise par les opérateurs. Le SMDR a ainsi participé à la protection d’emprises, au guidage d’unités du génie vers des menaces IED détectées, au blanchiment de zones ou encore à l’acquisition d’objectifs au profit de l’artillerie ou des effecteurs 3D. En opération, le SMDR apporte un appui imagerie indispensable. Il s’agit d’un appui intermédiaire entre les capteurs des nano ou micro-drones à très courte portée, et les grands drones de type REAPER, efficaces mais comptés.

La souplesse de mise en œuvre du SMDR (moins de 15 minutes par trois opérateurs) est à comparer avec ses performances élevées pour un appareil de gabarit limité. Toutefois, cette projection anticipée a aussi mis en évidence plusieurs défauts de jeunesse du système et des points de fiabilité à renforcer, éléments qui ressortent d’autant plus vite avec une utilisation intensive sur un terrain OPEX exigeant. Les chaines de soutien, de suivi et de traitement des faits techniques, dans les Forces, à la DMAé et à la DGA, ont travaillé conjointement avec les équipes de l’industriel, depuis le début de la projection, pour réagir et s’organiser au mieux. Ce retour d’expérience, rapide et riche, est directement pris en compte dans les derniers travaux de développement de la version SMDR définitive, attendue en 2022, avec ses éléments de soutien et outils de diagnostics. 

Les formations des premiers opérateurs ont été assurées par l’industriel, appuyés par des instructeurs du 61e RA ayant opéré au Mali début 2021. La certification de type du SMDR est attendue début 2022, et permettra à l’armée de Terre de former et entrainer ses opérateurs en toute autonomie en France. 

A terme, la cible est de 50 systèmes SMDR pour l’armée de Terre. 

SMDR opéré à Barkhane... et à l'entrainement

2/ le système de micro-drones collectifs Anafi 

Faisant suite à la notification par la DGA d’un accord cadre à la société Parrot fin décembre 2020, les 150 premiers systèmes de micro drones Anafi en version militaire ont été livrés aux différentes armées en 2021, et une nouvelle commande de 100 systèmes, attendus au printemps 2022 a été passée. Pour un poids inférieur à 500 g, le micro drone Anafi dispose d’une autonomie de 30 minutes et d’une portée de 4 km, il peut voler de jour comme de nuit. Un système Anafi comporte une station sol et 2 vecteurs. Facile et rapide à mettre en œuvre, il est utilisé par des opérateurs non spécialistes des drones. 

Ces systèmes sont prévus pour doter de nombreuses unités comme outils supplémentaires dans le paquetage des équipes déployées, au niveau des sections de l’armée de Terre, pour la protection des bases de l’armée de l’Air et de l’Espace, ou encore sur différents bâtiments de la Marine. Le premier déploiement OPEX des Anafi sera réalisé au premier trimestre 2022 par l’armée de Terre. 

Ils viennent compléter les parcs de systèmes de nano drones Black Hornet (260 systèmes à 3 vecteurs – société FLIR) et de micro-drones NX70 (67 systèmes à 2 vecteurs, société Novadem) déjà livrés aux Forces.

Un micro-drone Anafi en opérations

Montée en puissance des drones 

Ces livraisons illustrent la montée en puissance rapide des dotations en systèmes de drones de nos forces armées, amenée à se poursuivre avec les arrivées prochaines du SMDM (Système de Mini-Drones aériens embarqués pour la Marine), destiné à équiper certains bâtiments de la Marine et du SDT, le drone tactique de l’armée de Terre (Patroller de Safran) dont le premier système sera livré fin 2022. 

 

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Marie-Line Falchi, IPETA, Manager drones de contact – Unité de management Avions de Missions et de Support

Après une affectation au pôle CGN (autoprotection des aéronefs) puis au pôle ASA (cargo et interfaces A400M) de la Direction technique de la DGA, Marie-Line Falchi a occupé le poste d’acheteuse à l’UM TER. Elle est actuellement manager drones de contact à l’UM AMS (Avions de Missions et de Support), en charge des marchés de tous les nano et micro drones livrés aux forces.

 

Auteur

Marie-Line FALCHI, IPETA

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