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01 mars 2018

LA FRENCH FAB POUR LA RECONQUÊTE DE NOS EMPLOIS INDUSTRIELS

Après le déclin des emplois industriels depuis plus de 30 ans, l’industrie française doit se réinventer. La French Fab s’appuie ainsi sur les atouts nationaux, forte compétence technique, ingénierie de haut niveau, positionnement sur un large spectre de secteurs dans tous les niveaux de

la chaîne de valeur, pour redynamiser notre industrie, notre économie et nos emplois qui devront a minima s’adapter dans un monde ou les changements s’accélèrent à une vitesse de plus en plus vertigineuse.


La France industrielle semble avoir perdu de son faste, malgré une tradition manufacturière séculaire, des nombreux et divers grands programmes de très haute technologie de la seconde moitié du siècle dernier, nos territoires ont décroché de 2 millions d’emplois industriels (36 % des effectifs) en à peine trois décennies entre 1980 et 2010, et la production manufacturière reste encore 7 % en dessous de son niveau d’avant crise. Face à ce terrible constat, on compte et recompte, on cherche les explications, et on en trouve. Premièrement, l’impact du recours à l’externalisation de l’industrie auprès du secteur des services pour ses propres activités représenterait un transfert d’environ 25 % des emplois industriels perdus. Deuxièmement, la déformation de la structure de la demande qui a accompagné les gains de productivité réalisés dans l’économie pour 30 % avec une nette augmentation du facteur gain de productivité à partir des années 2000. Enfin, l’impact de la concurrence étrangère apparaît plus difficile à évaluer, mais se caractérise par une dégradation du solde commercial et un accroissement des échanges avec les pays émergents.

Face à ce constat, le gouvernement a lancé fin 2009 les états généraux de l’industrie, permettant d’ancrer dans le paysage plusieurs dispositifs directement issus de leurs 23 mesures : création d’une semaine de l’industrie, rendez-vous annuel en mars-avril, nomination d’un médiateur des entreprises, dynamisation du financement de l’industrie et surtout constitution du CNI, conseil national de l’industrie (qui remplace l’ancienne Commission permanente de concertation pour l’industrie, notamment en incluant les partenaires sociaux à sa gouvernance et en étendant le champ de ses attributions) et développement des comités stratégiques de filières. Par la suite, les orientations filières ont pris différentes formes au sein de la Nouvelle France Industrielle, 34 plans en 2013, rationalisés en 9 solutions en 2015, en s’appuyant sur le récent concept d’Industrie du Futur.

Un parc machine insuffisant, quantitativement et qualitativement, et inadapté aux nouveaux enjeux.

L’industrie française est également caractérisée par un sous-équipement des entreprises en robotisation, il y a encore quelques années, notre densité de robots par employé de production était 1,5 fois moins élevée qu’en Allemagne dans l’automobile et quatre fois moins élevée dans les autres secteurs industriels. De plus, notre parc machine est également plus anciens que ceux de nos voisins européens.

Suite à la troisième révolution industrielle liée à l’électronique et à l’informatique, certains n’hésitent pas à parler de la 4e révolution industrielle, où l’interconnexion devient plus massive via internet, des outils de productions connectés, voire auto-évolutifs, ouvrant la voie aux divers acronymes en 4.0. En complément, l’évolution des modes de consommation, plus basé sur l’usage, où les entreprises de production se positionnent sur les services, met à plat la traditionnelle ségrégation entre industrie et service qui deviennent étroitement liées dans un modèle économique global. Bien que plus ancien dans le B2B (les fabricants de photocopieurs vendent un service et des copies à l’unité depuis longtemps ...) principalement pour des raisons comptables (charges directes plutôt qu’amortissement d’investissement, fiscalité assise sur l’outil de production dont une réflexion est en cours à Bercy), cela s’est accéléré dans le B2C et continuera dans les années à venir.

En complément, la demande accrue de personnalisation et d’adaptation aux besoins spécifiques de chacun nécessite des chaines de production agiles et paramétrables rapidement pour satisfaire des clients de plus en plus exigeants notamment sur les délais de livraison de « leur » produit, la logistique devient ainsi un secteur industriel, robotisée et automatisée. La flexibilité est un critère majeur différenciant pour les entreprises. Le temps ou les entreprises profitaient des fermetures estivales pour adapter les lignes de production et passer au modèle millésimé n+1 semble bien révolu...

La French Fab, étendard de l’industrie française en mouvement pour sa transformation

Ainsi, après avoir développé le concept de French Tech fin 2013 représenté par un coq rouge en origami, c’est en bleu que cet étendard illustre la French Fab, l’identité de l’industrie française. Lancée en octobre 2017 par Bruno Le Maire, Ministre de l'économie et des finances, la French Fab vise ainsi la valorisation des savoir-faire des usines et des bureaux d’ingénierie français. Elle se positionne clairement à la croisée d’une base industrielle traditionnelle ultraperformante et du génie de nos startups pour former l’industrie du futur « à la française ». Les entreprises vont pouvoir se transformer et se développer grâce à la robotique, le digital, l’impression 3D, le big data, l’IA, etc. La French Fab nourrit également l’ambition d’accompagner la croissance des PME pour les transformer en ETI avec le soutien des équipes de « l’Alliance French Fab pour l’industrie du futur ». D’ailleurs, les Régions se sont déjà engagées dans des démarches similaires et complémentaires.

Fin mars à Villepinte, le salon international de l’industrie « Global Industrie » a permis de promouvoir le savoir-faire des entreprises de la French Fab et de leur offrir les meilleures conditions pour leur développement à l’international. La French Fab a vocation à embarquer toutes les entreprises qui veulent monter à bord de cette transformation, toutes celles qui veulent innover, se développer à l’international et porter haut et fort les couleurs de l’industrie française.

L’humain sera impacté, entrainant parfois des craintes, des spéculations, des espérances. De l’incertitude probablement, des changements majeurs sûrement

Le déploiement accéléré des nouvelles technologies bouscule les relations avec l’humain dans le monde du travail, le CNI s’est rapidement penché sur le sujet des impacts sur l’emploi et les compétences et a produit récemment 2 avis sur les mutations associées et les liens avec la formation, tant initiale en 2015 que continue et professionnelle en 2017, www.entreprises.gouv.fr/conseil-national-industrie/avis-et-rapports-ducni.

L’humain reste ainsi au cœur des systèmes productif, mais les besoins des entreprises évoluent, plus axés sur les compétences intrinsèques qui remplacent de plus en plus les qualifications et les diplômes, voire l’expérience. Les soft skills deviennent prépondérantes, les employeurs cherchent des personnalités, ainsi que l’interdisciplinarité soit en mode projet soit en tant que compétence personnelle. L’adaptation se fera, comme elle s’est toujours faite par le passé. Certains alarmistes soulignent le nombre important d’emplois et de métiers qui seront détruits, mais cela a toujours été : plus de la moitié des métiers du début du vingtième siècle n’existe plus.

Le sujet primordial à l’avenir sera l’impact de l’IA sur le niveau résiduel de la plus-value de l’apport de l’homme au cœur de la chaine de valeur productive, et ce, pour tous les niveaux de qualification. L’impact ne se limitera plus aux tâches peu qualifiées, mais touchera également tout analyste lorsque l’IA associée à la grande masse de données dépassera l’Homme.

 

La French Fab fédère les écosystèmes de l’industrie portés par tous les acteurs des territoires et porte des ambitions profondes pour le tissu industriel français :

  • Accélérer la transformation de l’industrie en France par la diffusion des concepts et technologies de l’Industrie du Futur
  • Donner visibilité et fierté aux acteurs qui font l’industrie française au quotidien, à l’excellence française industrielle. En France comme à l’étranger
  • Incarner le futur prospère de l’industrie française et l’attractivité des métiers qui la composeront, de la formation (initiale, professionnelle ou continue) à l’emploi

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