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Cabine du simulateur Rafale
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09 juin 2015

IMMERSION D'UN JEUNE IA AU CŒUR DU SYSTÈME DU RAFALE

Depuis quelques années, la DGA encourage les jeunes officiers du corps de l'armement à s'immerger dans le monde industriel dès leur premier poste par le biais de conventions d'affectation temporaire. Ce dispositif est gagnant pour les trois parties : il permet à l'IA d'approfondir ses compétence techniques et d'appréhender le fonctionnement interne de l'entreprise, à la DGA et à l'entreprise de faciliter leurs relations au retour de l'IA grâce à la connaissance concrète que celui-ci a acquise des métiers et des contraintes de l'industriel. 


Motivations de mon choix et ambiance de travail

A l'issue de ma formation aux Etats-Unis (MSc au MIT orienté robotique et contrôle des systèmes autonomes), j'avais à coeur de participer aux étapes de conception et développement d'un programme aéronautique. La possibilité de découvrir les arcanes du monde industriel me semblait également pertinente dans la perspective de mon retour à la DGA. J'ai donc saisi sans hésiter cette opportunité de rejoindre Dassault Aviation, en septembre dernier, au sein du département « Dynamique du Vol » (DT Systèmes), pour travailler notamment sur le programme Rafale. Les activités militaires de l'entreprise sont très liées aux Pouvoirs Publics et la DGA en est l'un des principaux clients. Cet état de fait pouvait me laisser présager un léger climat de méfiance... Il n'en est rien. Je me sens au contraire pleinement intégré au sein des équipes, pouvant interagir dans une atmosphère de confiance et de respect mutuels. 

Une expérience enrichissante

Le coeur du métier des commandes de vol consiste à développer un avion le plus performant et transparent possible pour que les pilotes aient pleine confiance pour effectuer leurs missions dans les meilleures conditions. Dans ce cadre, ma hiérarchie me propose de travailler sur des études variées d'une durée assez courte, ce qui me permet d'acquérir rapidement un bon aperçu du panel d'activités liées au système. Ce métier étant intrinsèquement lié à d'autres composantes du programme telles que les structures, l'aérodynamique, la gestion des emports ou encore les essais en vol, ces études me permettent également d'appréhender les interactions avec les autres secteurs de l'entreprise.

En quelques mois seulement, j'ai pu ainsi interagir avec la Direction de la Sécurité des Vols (anciens pilotes de l'armée) sur des questions de procédure de pilotage et j'ai participé à la validation, au simulateur, du Système de Commandes de Vol (SCV) qui équipera le prochain standard F3-R, en testant les nouvelles fonctions comme l'AGCAS (Automatic Ground Collision Avoidance System). J'ai aussi participé aux réflexions sur les améliorations de performances pour un standard ultérieur. C'est là tout l'intérêt du SCV du Rafale qui autorise une grande évolutivité avec l'ajout possible de nouvelles fonctions pour rester au top depuis le premier vol du Rafale A en 1986. Par ailleurs, j'ai également travaillé sur le système anémométrique discret du Neuron, démonstrateur dont l'expérience acquise servira au programme FCAS.

Cette première expérience au sein du monde industriel, même s'il est encore trop tôt pour en dresser un bilan, se révèle d'ores et déjà très enrichissante. D'un point de vue intellectuel, la conception d'un système complexe comme le Rafale avec ses capacités d'avion multirôle est une activité particulièrement stimulante. D'un point de vue plus organisationnel, ces premiers mois m'ont permis d'acquérir une bonne vision de l'élaboration d'un nouveau standard, de la conception aux essais en vol en passant par la validation au simulateur, tout en m'imprégnant par la même occasion des réalités du fonctionnement de l'entreprise pour la conduite d'un projet complexe qui s'étale sur des dizaines d'années.  

 

 

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