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01 juin 2015

INTRODUCTION AU DOSSIER

Les succès récents du RAFALE à l’exportation consacrent, enfin, pourrait-on ajouter, les efforts menés depuis un certain nombre d’années pour la promotion de cet appareil, mais surtout le travail réalisé par les ingénieurs, ouvriers, pilotes et techniciens français depuis une trentaine d’années pour imaginer, définir, mettre au point et produire l’un des meilleurs systèmes d’armes aériens - voire le meilleur - de sa génération, qui a démontré toute son efficacité opérationnelle et sa supériorité lors de son engagement sur plusieurs théâtres d’opérations depuis quelques années.

Ce dossier consacré au Rafale, qui présente sans aucune prétention d’exhaustivité les contributions à ce programme d’un certain nombre d’acteurs, constitue avant tout un hommage aux femmes et aux hommes, à tous les niveaux, qui ont œuvré pour ce programme et en ont construit le succès reconnu aujourd’hui.

Lorsque l’on croit aux vertus d’une coopération européenne menée dans des conditions efficaces et compétitives, on peut évidemment regretter que la France et ses partenaires européens n’aient pas su s’entendre il y a une trentaine d’années sur la réalisation d’un avion commun, notamment du fait de divergences sur les spécifications et sur les questions industrielles. Néanmoins il faut bien reconnaître d’une part la justesse des choix faits à l’époque par la France en matière de spécifications (notamment la polyvalence et la flexibilité du système), qui permet à la France de disposer aujourd’hui d’un système répondant parfaitement aux besoins des forces armées, d’autre part la compétence des équipes françaises qui ont mené le programme avec rigueur et efficacité, tant du côté étatique que du côté industriel, évitant des dérives de coûts qui n’auraient pu être supportées par la France dans un contexte budgétaire particulièrement contraint (budget de défense globalement en réduction depuis le lancement du programme).

Cela démontre aussi qu’un programme d’une telle complexité se construit sur le long terme, à partir d’études et recherches technologiques qui sont menées bien en amont et qui doivent atteindre un niveau de maturité suffisant avant de pouvoir être mises en œuvre avec un niveau de risque maîtrisé dans le cadre du développement d’un nouveau système.

Le Rafale a de longues années devant lui. La polyvalence et la flexibilité du système lui permettront d’évoluer encore, avec des coûts et des risques maîtrisés, pour répondre aux menaces futures dans les meilleures conditions. Mais l’histoire ne s’arrête pas là et l’on doit dès à présent penser au système (ou au système de systèmes) qui lui succèdera à plus long terme, en continuant à travailler sur les nouvelles technologies qui seront nécessaires et accessibles à cet horizon, mais aussi et surtout en réfléchissant en liaison avec nos partenaires européens aux futures spécifications, car il est peu probable que la France pourra s’offrir seule un tel système à l’avenir compte tenu des contraintes budgétaires : l’expérience montre que la convergence des spécifications et des conditions de la coopération entre partenaires prendra du temps et demandera une bonne dose de confiance réciproque, qui reste à contruire.  

 

 

 

    
Patrick Bellouard, IGA
Après 25 ans à la DGA, dont 5 ans comme directeur du Service des programmes aéronautiques, Patrick Bellouard a été chargé de mission du Premier Ministre pour la coordination interministérielle du programme Galileo de 2004 à 2008, puis directeur de l’OCCAR jusqu’en février 2013.
 

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