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N°106

Le Rafale

01 juin 2015
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Éditorial

Des contrats en rafale, pourrait-on dire, en voyant les commandes s’accumuler pour notre avion de combat national. S’y ajoutent des commandes considérables en matière d’hélicoptères, ou de frégates et corvettes. Ne boudons pas notre satisfaction, cela faisait longtemps que l’industrie française n’avait pas eu de succès aussi visibles à l’export, dans un monde particulièrement difficile et concurrentiel. Et il convient de saluer l’implication personnelle de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense particulièrement engagé, qui nous fait l’honneur et l’amitié de préfacer ce magazine. A l’occasion du salon international du Bourget 2015, nous avons souhaité présenter cet avion – le meilleur de sa génération – en donnant la parole à quelques représentants institutionnels et industriels ayant pris part à ce programme extrêmement complexe. La place des ingénieurs y est essentielle, pour définir des performances, assurer la cohérence entre systèmes et à l’intérieur de chaque système, gérer les multiples configurations, piloter les projets, assumer les risques techniques... et livrer un produit aux performances optimales. A travers l’exemple du Rafale, se perçoit mieux le rôle des ingénieurs de l’armement et de la DGA qui permet au triptyque opérationnels (Armées), financiers (Bercy), et industriels de prendre et tenir au profit de la nation des paris technologiques et capacitaires de long terme, dépassant souvent le temps politique. La réussite ne doit pas masquer les difficultés et les efforts consentis et à consentir. L’aéronautique, et plus largement les systèmes critiques, sont des domaines extrêmement exigeants, à tous points de vue. L’accident de l’A400M en Espagne, dont l’analyse des causes n’est pas achevée à l’heure où nous mettons sous presse, vient tristement nous le rappeler. L’intérêt des corps d’ingénieurs semble hélas mal perçu lorsqu’on examine les résultats de recrutement à Polytechnique : les grands corps attirent moins d’élèves et ne saturent pas cette année. Perte d’attractivité, de sens, de lisibilité de ce que l’Armement et la fonction publique proposent ou simplement morosité et difficulté à se projeter dans l’avenir ? Le succès du Rafale apporte des réponses éclairantes, susceptibles de susciter un regain d’intérêt pour le métier d’ingénieur, peut-être à mieux faire connaître ? J de Dinechin, rédac' chef