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26 juin 2023

INTERVIEW DU NOUVEAU VP DU CGARM

Christophe a débuté sa carrière à la DGA en 1999, puis est devenu conseiller industriel au cabinet du Ministre JeanYves Le Drian de 2012 à 2017. Il rejoint ensuite EDF en tant que DSI Groupe jusqu’en 2020, où il devient directeur général adjoint du Groupe Thales.

Il est nommé VP du CGARM en avril 2023.


La CAIA : Quelle image as-tu du CGARM en arrivant comme vice-président ?

Christophe Salomon : Je connais le CGARM depuis longtemps maintenant. J’en ai utilisé les services il y a une douzaine d’années lorsque je cherchais à entrer en cabinet ministériel, puis je l’ai en quelque sorte supervisé depuis le cabinet pendant 5 ans. Depuis que je suis dans le monde industriel, je peux témoigner de l’énergie dépensée pour faire rayonner les ingénieurs de l’armement : organisation de « speed dating » avec l’industrie, campagnes de promotion des IA dans les cabinets, nomination d’ambassadeurs du corps, … et je dois dire que depuis ma nomination comme VP, j’ai pu rencontrer la structure permanente du CGARM et suis très impressionné par leur énergie, leur expertise, et l’étendue de leurs activités.

La CAIA : Dans ses missions actuelles et compte tenu de la conjoncture particulière, qu’est-ce qui te semble important ?

CS : Avant et depuis ma nomination, j’ai eu la chance d’échanger avec le Ministre des Armées et son cabinet. La conviction au plus haut du ministère est qu’il est fondamental de disposer de corps d’ingénieurs puissants, qui œuvrent au sein du ministère mais aussi parfois en dehors, au bénéfice ultime de nos armées et services. Les corps d’ingénieurs de l’armement (IA et IETA) sont particuliers au sein de l’Etat, au sens où, dotés d’une expertise technique pointue, acquise dans les formations initiales puis mises en œuvre généralement dans un début de carrière à la DGA, ils exercent ensuite le rôle de maître d’ouvrage de grands projets, complétant ainsi leur excellence technique de compétences managériales, financières, et même de relations clients/fournisseurs. Ces compétences sont rares, précieuses pour le Ministère, pour l’Etat, et même dans l’Industrie, je peux en témoigner. Il est donc fondamental d’entretenir ces parcours, de s’assurer du maintien de l’attractivité des corps de l’armement alors même que des travaux sont en cours au sein de l’Etat autour des corps techniques, de rayonner pour faire bénéficier d’autres secteurs de nos compétences, mais également d’en acquérir de nouvelles au bénéfice du Ministère, de travailler étroitement avec les écoles sous tutelle du ministère, ou encore de fluidifier les parcours avec l’industrie. Voilà beaucoup de défis auxquels est confronté le CGARM, et j’y ajouterai, dans ses missions d’études, l’apport d’un éclairage particulier sur des questions générales ou techniques, que je souhaiterais systématiser en association avec un autre grand corps de l’Etat (Corps des Mines, des Ponts Eaux et Forêts, INSEE, IGF, …).

La CAIA : Notre numéro porte sur la dualité. En tant qu’industriel et également vice-président du CGARM, comment souhaites-tu te positionner ?

CS : Comme, je crois, la plupart de mes prédécesseurs. Le CGARM doit être force de propositions en matière d’orientations stratégiques pour les corps de l’armement, et sa structure permanente doit avoir un rôle fort dans la gestion des IA et IETA qui sont à l’extérieur du Minarm, en pleine complémentarité avec l’employeur DGA pour la construction des parcours, les départs et les retours au sein du ministère. Il faut en effet les aider à rayonner quand ils le souhaitent, les suivre quand ils sont sortis, les aider à revenir dans le Ministère avec une vraie valorisation de l’expérience acquise. Il faut aussi assurer en amont la promotion de nos corps d’ingénieurs. C’est pour cela que mon positionnement à la fois au sein du ministère et en dehors, de même que mon parcours antérieur et ma bonne connaissance de l’écosystème, sont autant d’appuis pour assurer cette fonction de vice-président, avec un engagement qui sera total. Je crois, et j’ai toujours cru, à la notion de continuum Etat-Industrie. Ce ne sont pas deux mondes qui s’affrontent, bien au contraire. Dans mes fonctions actuelles dans l’Industrie, je pense œuvrer tout autant au profit des Armées que lorsque j’étais dans le ministère. Je suis donc très heureux d’avoir l’occasion de renforcer encore ce lien.

La CAIA : Quelles seraient tes priorités à court terme ?

CS : Elles sont nombreuses : rencontrer toutes les parties prenantes, m’impliquer fortement dans les travaux sur les corps techniques et m’assurer en particulier que nos corps conserveront et même augmenteront leur attractivité et leur diversité, lancer de nouveaux sujets d’études,… un programme passionnant !

Auteurs

Rédacteur en chef du magazine des ingénieurs de l'Armement.
Coach professionnel certifié et accrédité "master practitioner" par l'EMCC.
Fondateur de Blue Work Partners SAS qui propose :<br>
- Formation au leadership
- Coaching de dirigeants
- Accompagnement d'équipes projets
X84, ENSTA, coach certifié IFOD,
Auteur du guide de survie du chef de projet (Dunod 2017).
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