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La promotion IA 2014 devant un A400M de la base d’Orléans - © n.singier / armée de l’air
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01 juin 2016

La FAMIA ou le double intérêt d’une formation initiale des ingénieurs de l’armement

Témoignage d’un participant à l’édition 2016 de cette formation unique en son genre.


Depuis maintenant plusieurs années, les jeunes ingénieurs de l’armement, fraîchement recrutés par la DGA, débutent leurs parcours professionnels par une formation de neuf semaines, la fameuse FAMIA : Formation Administrative et Militaire des Ingénieurs de l’Armement. L’organisation de la mission Défense et en particulier le fonctionnement de la DGA leur sont présentés à travers un grand nombre de conférences et de visites. Le spectre extrêmement large des thématiques abordées, depuis la conduite générale des programmes d’armement jusqu’à la lutte contre la prolifération nucléaire en passant par le soutien aux exportations, permet aux participants de se construire une vision relativement complète de l’état de la Défense et de son industrie en France. Cela leur permet également de se situer dans cet univers et de savoir ce qu’ils veulent et peuvent y apporter. Certains grands principes comme l’instruction 125 /1516 ou la composition de la BITD – Base Industrielle et Technologique de Défense - resteront très probablement gravés dans leurs têtes à jamais ! Qu’on ne s’y trompe pas cependant, les interventions et visites auxquelles nous avons assisté furent loin de se limiter à un aspect purement académique de la connaissance du monde professionnel. Les hommes et les femmes que nous avons eu l’honneur de voir se succéder devant nous et avec lesquels nous avons eu le plaisir d’échanger nous ont presque toujours apporté leur expérience personnelle. Cette contribution intime dans les échanges, rendue possible par la petite taille de notre promotion et par le lien naturel de camaraderie qui nous lie à la plupart des intervenants, est tout aussi essentielle et riche d’enseignements que les exposés officiels. De plus, une certaine franchise collective permet de faire tomber quelques illusions et idées préconçues qui subsistent parfois encore dans nos esprits.

Au-delà de cet aspect de formation professionnelle, il y a un autre bénéfice de la FAMIA, pas des moindres mais peut-être moins évident à décrire. Une vingtaine de jeunes actifs, qui pour la plupart sortent à peine de leurs études et qui ne se connaissaient pas forcément bien voire pas du tout, ont passé neuf semaines à assister à des conférences, organiser des visites et mener des projets ensemble. Ils ont partagé des repas, des soirées et une foultitude d’autres moments conviviaux. En pleine ère des réseaux sociaux et autres relations virtuelles cela pourrait presque sembler paradoxal mais c’est encore ainsi que l’on construit les meilleures relations.

A l’issue de la FAMIA proprement dite et après un stage individuel au sein des forces, immergés au niveau opérationnel, nous allons nous retrouver pour un embarquement de trois semaines à bord du BPC – Bâtiment de Projection et de Commandement - Tonnerre. Cette proximité future va, je l’espère, nous permettre de renforcer nos liens, toujours de camaraderie, souvent d’amitié.

Au final, pour de futurs décideurs qui ont en commun des valeurs telles que le service de l’Etat, la défense de la nation et l’excellence française, cette période de formation représente une belle opportunité d’établir un véritable esprit de corps et d’enraciner des liens durables.

Enfin on ne saurait décemment évoquer la FAMIA sans mentionner l’apport de son dirigeant et principal organisateur, Jérôme De Dinechin. Ses cours de « posture du jeune manager » sont en passe de devenir légendaires. En fait Jérôme nous enseigne le troisième savoir, celui qui complète le savoir et le savoir-faire : le savoir-être. Communication verbale et non-verbale, analyse de ses émotions, tout un programme pour apprendre à mieux se connaître et à maîtriser son impact sur son entourage. Le fameux « connais-toi toi-même » socratique constitue en effet l’une des deux conditions à réunir afin de remporter la victoire selon Sun Tzu, qui écrit dans son « Art de la guerre », « connais-toi toi-même et connais ton ennemi, et en cent combats tu ne seras pas défait ».

 

    
Jonathan Lardy, IA
 
 

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