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01 février 2017

LU POUR VOUS

L’HISTOIRE DES HÉLICOPTÈRES EN FRANCE DEPUIS 1945

Collection COMAERO – AACHEAr – La documentation Française Le COMAERO (Comité pour l’histoire de l’aéronautique) enrichit sa collection d’études sur l’histoire de l’aéronautique avec une nouvelle publication sur l’histoire des hélicoptères en France depuis 1945.
Réalisée sous la présidence de notre regretté camarade Emile Blanc, la rédaction a été assurée par les principaux acteurs du développement des hélicoptères : anciens du CEV et d’Eurocopter, de la DGA/DCAé, et aussi contributeurs extérieurs aux compétences reconnues. L’homogénéité de la rédaction fi nale est le fruit du travail de Gérard Bretécher assisté de Bernard Fouques et Jean-Pierre Dubreuil. Publié par La documentation française, l’ouvrage de 450 pages, est agrémenté de 218 figures.
Si les premiers essais en France de machines capables de vols verticaux datent de 1907 et accompagnent les progrès des premiers aéronefs, le premier hélicoptère réussi au monde (un Breguet- Dorand gyroplane laboratoire) est français et réalisa un vol de 44 kilomètres en novembre 1936. La période de l’occupation mit à mal cet heureux commencement et il fallut attendre la fin de la guerre pour que l’industrie française renaisse et obtienne de réels succès avec le Djinn, la série des Alouette, du Frelon et Super Frelon. A la fin des années 60, apparaîtront les premières grandes coopérations avec les britanniques (Puma, Gazelle et Lynx), avec les allemands (Tigre), et en multinational (NH90). Les programmes commerciaux (Super Puma, Dauphin, Ecureuil) et les programmes nationaux dérivés (Cougar, Panther, Fennec et Horizon) sont présentés dans les derniers chapitres qui traitent également des moteurs, des recherches et des aspects commerciaux et industriels.
L’essor des performances françaises en matière d’hélicoptères à la fi n du deuxième conflit mondial résulte du dynamisme industriel de sociétés comme l’Aérospatiale. L’intégration européenne a permis à Airbus Helicopters d’être aujourd’hui leader mondial. Les auteurs soulignent qu’une concertation fructueuse entre responsables de l’administration, porteurs d’une vision stratégique, et acteurs de la recherche et de l’industrie sont à l’origine de ces excellents résultats, sans oublier l’apport d’hommes de qualité imaginatifs et décidés. Un ouvrage à recommander à ceux qui s’intéressent aux succès industriels de la France, et aux passionnés d’histoire scientifique, technique et militaire.

Daniel Jouan, IGA

 


 

LES ARMES CHIMIQUES DANS LA RDN (JUILLET 1983-JUILLET 1997)
Jean Compagnon
Disponible à la Revue de défense nationale au prix de 10 € sous forme papier (tirage limité) ou au même prix en ligne sur le site de la revue (www.defnat.fr)
La Revue de défense nationale publie un cahier dédié au général Compagnon, cahier qui rassemble les principaux textes publiés par cet auteur de 1983 à 1997 sur le sujet des armes chimiques dans la Revue.
Après son dernier commandement de la troisième région militaire à Rennes, le général Compagnon se retira en deuxième section dans la région de Rennes et troqua l’épée pour la plume. S’il n’avait choisi la voie militaire, il aurait été historien, et le temps de la retraite lui donna l’occasion de consacrer son temps à cette première vocation. Pour le compte des éditions Ouest-France, il rédigea un Guide des Plages du débarquement (1979) largement diffusé, y compris outre-Atlantique. Le guide sera suivi d’un ouvrage plus conséquent : 6 juin 1944, Débarquement en Normandie, victoire stratégique de la guerre (Ouest-France, 1984), et d’une biographie du Général Leclerc, maréchal de France (Flammarion, 1994), sous les ordres duquel il avait servi. Cette carrière d’historien et d’écrivain le conduisit à être le correspondant du journal Ouest-France pour les questions de défense à partir de 1980. Bien qu’il ne fût pas un expert de la question des armes chimiques, la période des années 1980 et 1990 fut riche en événements mettant en cause ces armes, ce qui le conduisit à publier de nombreux articles sur le sujet, aussi bien dans Ouest-France que dans des revues comme Perspectives et surtout Défense nationale. La Revue de défense nationale diffuse donc ce petit cahier de 93 pages qui traite, après un rappel historique, technique et militaire sur le sujet, des efforts entrepris pour parvenir à une convention d’interdiction des armes chimiques et des diffi cultés rencontrées lors des ratifi cations du traité jusqu’en 1997. Un court article d’actualité (juin 1991) analyse les raisons qui ont conduit Saddam Hussein à ne pas utiliser les armes chimiques. Un cahier intéressant qui paraît en même temps que le Magazine des ingénieurs de l’Armement et s’intègre bien dans la thématique de ce numéro.

Daniel Jouan, IGA


 

« FRITZ HABER » par David Vandermeulen
Dans sa synthèse des dernières journées Paul-Vieille, Denis Plane évoque d’une phrase les extrêmes qu’atteignit un des plus grands chimistes du XXème siècle, Fritz Haber, à la fois prix Nobel et bienfaiteur de l’humanité grâce à la découverte du procédé de synthèse de l’ammoniac qui permit de s’affranchir, pour la fabrication des engrais agricoles, de la dépendance à des matières premières en voie d’épuisement, mais aussi géniteur de la guerre chimique « moderne ». On pourrait ajouter entre autres paradoxes apparents qu’il fut nationaliste, belliciste, mais aussi ami et mentor d’Albert Einstein, pacifiste notoire.

Un « biopic imprimé » ambitieux et rigoureux
Ce destin d’une complexité à la fois trouble et fascinante méritait plus qu’une phrase en passant, et c’est une forme de monument que je souhaite vous donner envie de découvrir. Dans son histoire, notre magazine n’a que rarement consacré de recension à une bande dessinée, mais l’objet littéraire que nous livre David Vandermeulen y trouve toute sa place. Loin des canons classiques du 9ème art, cette œuvre solidement documentée pourrait être qualifiée de « biographie graphique » - équivalent imprimé du « biopic » -. Les quatre tomes parus couvrent la vie de Fritz Haber jusqu’en 1918, deux autres sont prévus pour clore un cycle auquel l’auteur aura consacré plus de vingt ans depuis sa « rencontre » avec Haber en 1998, et dont il dit qu’il ne suffi ra sans doute pas à lui permettre de comprendre son personnage (on hésite à parler de « héros » encore que le titre du tome 2 fasse appel à ce terme, tout en mettant en lumière l’ambiguïté qui s’y attache).

Un récit servi par des choix picturaux innovants
Par l’effet de choix narratifs à la fois radicaux et novateurs (couleur sépia, sous-titres remplaçant les phylactères et libérant totalement l’image, utilisation de cartons intercalaires, à la manière du cinéma expressionniste allemand, dont on trouve d’ailleurs des réminiscences objectives dans certains passages « oniriques » qu’incorpore parfois l’auteur dans son récit), le lecteur se trouve plongé dans l’atmosphère (« l’esprit du temps », comme titre le tome 1), au tournant des XIXème et XXème siècles, d’une Allemagne en plein développement industriel, mais aussi profondément marquée par un antisémitisme endémique, auquel Haber se trouvera toute sa vie en butte – car sa judéité n’est pas le moindre des paradoxes le concernant. Je n’oublie pas de souligner l’emploi de la technique du lavis, qui permet à David Vandermeulen de composer une œuvre toute en ombres, lumières, et flous - en totale adéquation, donc, avec ce Fritz Haber dont la destinée apparaît finalement presque faustienne.

Bruno Bellier, ICA

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