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Moteur M88 en essai au banc T0 de DGA Essais propulseurs
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28 mars 2022

PÉRIODE D’OUVERTURE INDUSTRIELLE
DÉBUT DE PARCOURS AUTOUR DU M88

Depuis 2018, la période d’ouverture permet aux ingénieurs de l’armement de compléter leurs compétences par une expérience hors DGA – en industrie, par exemple. Une démarche triplement profitable ?


27 février 1990. Un aéronef s’élance dans le ciel d’Istres pour un premier vol de ce qui deviendra un des fleurons de l’aéronautique française. C’est en effet à cette date que le turboréacteur M88 effectue son premier vol sur Rafale A. Une trentaine d’années plus tard, celui-ci reste un des moteurs les plus efficaces jamais conçus en termes de rapport poussée/masse. Trente ans, c’est aussi mon âge.

La longue histoire du M88 est riche d’échanges entre la DGA et le constructeur Safran Aircraft Engines (anciennement Snecma). Si le développement du M88 débute dans les années 1980 dans les bureaux d’étude de l’industriel, la DGA n’en demeure pas moins une actrice majeure à chaque étape du programme – développement, mise au point, qualification ou certification, et suivi en service. L’aventure du M88 regorge également d’exemples d’ingénieurs de l’armement passés temporairement par les effectifs de Safran avant de revenir faire fructifier les compétences ainsi acquises au sein de la DGA.%F%

La période d’ouverture, une suite logique

Mon parcours commence à DGA Essais propulseurs où modélisation et simulation aérothermique ainsi que suivi d’essais d’endurance m’ont permis de découvrir des installations d’essais uniques dévolues au M88 (banc sol T0, caisson d’altitude simulée R3). 

Une fois cette expérience acquise, les questions de la conception et de la fabrication d’un tel système complexe, ainsi que de la maturation de nouvelles technologies, me paraissaient être une suite logique. J’ai rejoint en affectation temporaire la Plateforme Aubes de Turbine Avancées (PFX) de Safran Tech. Dédiée à la R&T pour le développement des futures aubes de turbines à très haute température, la plateforme était alors pleinement 

engagée dans le programme d’études amont TURENNE notifié par la DGA. Pour contribuer à sa bonne exécution, des missions et responsabilités variées m’ont été attribuées : développement de nouvelles chaînes numériques pour la prédiction de défauts de fonderie, réalisation de simulations du procédé de fonderie à cire perdue en soutien de la fabrication des nouvelles technologies d’aubes et de distributeurs haute pression en alliages monocristallins, encadrement de doctorants, ou encore pilotage d’un groupe d’expert du métier Simulation des Procédés du groupe Safran.

Les études amont étant rarement un long fleuve tranquille, j’ai également pu apprécier du point de vue de l’industriel les relations avec toute une variété d’acteurs, y compris la DGA – non sans un certain recul de rigueur – et des établissements de recherche académique.

Un poste d’architecte à la croisée des mondes

Revenu à la DGA muni d’un double vécu technique en centre et en industrie, et ayant pratiqué les processus et modes d’organisation des deux côtés, ma prise de poste d’architecte n’en a été que facilitée. En effet, j’ai pu aborder plus sereinement mon rôle de relais entre les centres et leurs experts techniques, l’AIA, les forces et l’industriel Safran. 

Plus spécifiquement, la turbine haute pression étant au cœur du moteur en tant que premier élément en rotation placé derrière la chambre de combustion, l’amélioration de sa résistance en température est un axe de développement majeur en perspective de la motorisation future du SCAF/NGF (New Generation Fighter). Mon expérience passée me permet ainsi de poser un œil critique averti sur les clauses techniques des projets d’études amont à fort enjeu dans ce domaine.

Cerise sur le gâteau : mon périmètre contient le pilotage des essais d’endurance à DGA EP à venir destinés, entre autres, à tester les technologies développées pendant ma période d’ouverture.

Au global, cette période d’ouverture s’avère donc être une réelle opportunité de découvrir un autre paradigme hors DGA. Développement de différentes compétences tant techniques que transverses, contribution directe à l’exécution des programmes, établissement d’un dialogue constructif : autant d’éléments qui en font une démarche profitable à l’ensemble des acteurs !

 

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