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01 juin 2016

FORCE SANS VIOLENCE ?

Que restera-t-il de ce numéro une fois que vous l’aurez lu ? Une camaraderie renforcée par quelques nouvelles des uns et des autres. Un sentiment de force en considérant les armements du combat terrestre ? De modernité en voyant l’ampleur des innovations dans un domaine qui nous a habitué à de la rusticité et qui réfléchit largement en systèmes de systèmes. Peut-être enfin de la confusion devant l’avalanche de sigles qui nous a conduit à vous proposer un glossaire pour les « indispensables ».


Mais précisément, pourquoi tant d’acronymes chez les Terriens ?

Pour pouvoir obéir à la lettre, ce qui va plus vite ? Pour se comprendre à demi-mot, loin du commun des mortels ? Pour donner un sens à de multiples actions concordantes ? Pour conceptualiser ce qui ne peut être nommé, et en particulier la guerre et son cortège innommable ?

En ces années du centenaire de la Grande Guerre, on gagne à visiter Verdun, avec ses forêts qui ont timidement poussé sur un sol déstructuré à perte de vue, conséquence de la puissance nouvelle des armes. Il faut voir le mémorial de Douaumont, avec ses ossements humains mélangés dans les cases correspondants aux lieux de combat. La guerre faisait 1000 morts par jour, des deux bords.

La menace a bien changé, et nous savons qu’elle est plus que jamais présente sous des formes moins palpables et en même temps plus médiatisées. Le OK (zero killed) impose des compromis toujours plus difficiles dans lesquels la force crédible demeure la brique de base. Face à l’ennemi, elle reste celle qui s’impose en frappant, mais aussi en tirant avantage de la connaissance partagée, du fonctionnement en réseau et de technologies comme la détection des tireurs par rebond d’onde.

Vous trouverez ainsi dans ces pages un inventaire des programmes du domaine de l’armement terrestre rassemblés sous la houlette de François Bouchet, directeur de l’unité de management « terre » de la DGA. Nombreux, complexes et innovants, ils dessinent un virage majeur dans un contexte de réarmement mondial.

En même temps, la force fascine

Elle est à la fois terriblement refoulée de nos sociétés, qui s’indignent que l’on fasse du mal à un chat, et irrépressible si l’on en croit son omniprésence sur les écrans, qui déborde en violence cachée sur les plans physique, sentimental et moral. Ne serait-elle qu’un mal nécessaire ?

Le soutien unanime que reçoivent les soldats impliqués dans l’opération « Sentinelle » semble démontrer le contraire : on n’aime pas faire usage de la force, mais on a besoin de cette force. Ainsi, les soldats que nous croisons à chaque coin de rue donnent-ils un visage à une force protectrice dont nous sentons instinctivement le besoin et renouvellent-ils le précieux lien entre armée et nation.

Une saine violence

De même, le témoignage des « poilus » nous toucherait-il par le fait qu’ils ne remettent jamais en cause la violence qu’ils subissent et celle qu’ils emploient de toute leur intelligence ? Dans un essai intitulé « la violence des hommes », le psychologue Jean Monbourquette explore ce domaine de la saine violence, synonyme de hardiesse, ardeur et vigueur, en soulignant que son interdiction produit de nombreuses perversions, et qu’il souhaiterait que les hommes valorisent mieux cet héritage de leur violence intérieure. N’est-ce pas ce que font les Terriens ?

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