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Les conflits commencent en nous-mêmes
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01 octobre 2016

TERRITOIRES EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS

La souveraineté appartient à chacun d’entre nous. N’est-ce pas en l’exerçant que nous affirmons notre participation au monde, collectivement et individuellement, ainsi que notre responsabilité de personne humaine ?


Bien sûr, nous vivons dans des conflits permanents de souveraineté par rapport à nos voisins, petits et grands.

 

Des conflits de territoires...

Nos territoires se recouvrent, particulièrement dans une économie mondialisée. Si notre compétiteur ou adversaire rentre dans une escalade de moyens, comment réagir ? En utilisant les mêmes moyens que lui, ne devenons-nous pas complices, comme lorsqu’on tente de calmer la violence par la violence, la délocalisation par la délocalisation, la fraude par la fraude ?

Une solution simple serait d’augmenter les territoires. L’Eldorado, des territoires vierges à conquérir, un nouveau continent. Hélas, nous touchons aux limites de la planète : la pression écologique de l’humanité représenterait selon les experts le double de ce que peut supporter la terre : terres cultivables, eau douce, ressources minières, océans sont surexploités.

A l’autre bout de l’échelle pourtant, on a bien multiplié les territoires : on observe une stratification des sociétés et une multiplication des communautés dans les réseaux sociaux. Il est possible de mieux rencontrer ses relations grâce aux algorithmes du big data et de converser avec des amis virtuels du bout de la planète ; de ne vivre qu’avec des personnes qui nous ressemblent.

 

... aux conflits intérieurs

C’est une pensée réconfortante de croire que l’humanité progresse. Pourtant, en scrutant ce qui se passe en nous, la vie moderne ne produit pas toujours la paix intérieure. Alors qu’on aurait pu croire que la multiplication des « espaces de vie » éviterait les conflits, elle produit davantage d’isolement que de cohésion. Il est fréquent d’y trouver ressentiment, indignation, moquerie sans véritable dialogue.

Finalement, pourrait-on dire, plus on a de liberté extérieure, plus notre espace mental se remplit... Mais de quoi ? Les conflits de territoire se retrouvent là aussi, avec souvent des voix contradictoires dans notre dialogue intérieur : une qui critique et l’autre qui se défend, une qui exige et l’autre qui subit, une qui s’inquiète de tout et l’autre qui n’ose plus se réjouir.

A l’échelle de la personne, il est possible de réconcilier cela, et de faire la paix intérieure. C’est le domaine de la psychologie à condition de l’entendre au sens complet, c’est à dire psychisme et âme, ou encore mécanismes émotionnels et cognitifs ainsi que ressorts profonds et ressources spirituelles. Faire la paix commence par reconnaitre que ces instances intérieures souhaitent notre bien, même se elles utilisent des moyens inadaptés. Ainsi, notre censeur intérieur voudrait que nous soyons parfaits, sans se rendre compte qu'il nous empêche de vivre, et notre moi sensible voudrait nous donner davantage de vie, sans se rendre compte que nous avons besoin d'une direction pour conduire nos pas. En les réconciliant, nous pourrons garder cette direction, tout en admettant l'imperfection, et laisser jaillir notre créativité en la canalisant.

La liberté personnelle que nous avons à y gagner rejaillira dans le domaine des relations par un plus grand respect d’autrui : construction d’un espace de dialogue fait de compréhension à travers l’intention positive de l’autre, et de fermeté sur nos besoins fondamentaux. A travers cela, ne rejoindrons-nous pas l’histoire de la France, grande et fragile puissance qui a exercé sa souveraineté dans les secteurs économique, diplomatique et militaire, dans une volonté de civilisation, d’intelligence et de paix ? 

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