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le médecin de la peste noire
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28 octobre 2021

SORCIERS, PROPHETES ET SAVANTS

Cela vaut-il encore la peine de miser sur la science ?


En 2003, le prix Nobel Georges Charpak étonnait avec son livre « Devenez sorciers, devenez savants ». Par des expériences mystifiantes, il montrait comment berner son prochain, ou au contraire comment, par la connaissance, éviter de se laisser abuser...

Nous avons été témoins ces derniers mois de la difficulté de vulgariser la science, et sommes tentés avec le paléoanthropologue Pascal Picq de considérer que « la science n’a pas pour but de donner la vérité, mais de faire avancer les connaissances », laissant prise au fait qu’elle soit orientée, voire instrumentalisée.

Le remède à cela ? Connaître au moins un aspect, en profondeur. De la même manière qu’une première expérience technique nous enseigne les ordres de grandeur dans notre carrière d’ingénieur, se passionner pour un sujet nous met en présence de l’immensité de la connaissance.

Les sociétés savantes sont une belle illustration de cette immensité, et les témoignages d’ingénieurs de l’armement nous emmènent vers des domaines parfois insoupçonnés, des mathématiques aux insectes en passant par le temps précis.

Appelées académies sous l’Ancien Régime, elles furent abolies sous la Révolution, puis rétablies par Napoléon, dont on peut se rappeler qu’il fut élu membre de l’Institut en tant que général Bonaparte à la section des arts mécaniques en 1797, et qu’il créa l’année suivante l’Institut d’Egypte en lui confiant des missions opérationnelles comme trouver le moyen d’assainir l’eau du Nil, de produire du pain, du tissu, de la poudre...

Ces sociétés savantes ne se contentent pas de rassembler des scientifiques ou des érudits, elles ont un double devoir de mémoire et de recherche. Les travaux qu’elles publient contribuent à l’édification de notre société en renforçant ses racines et en mettant en perspective les nouvelles connaissances.

Beaucoup ont eu une utilité majeure durant la révolution industrielle du XIXe siècle et la révolution informatique du XXe.

Aujourd’hui, elles seraient victimes d’une certaine désaffection au profit d’un savoir instantané et international. Peut-être aussi d’un utilitarisme éphémère comme la sauvegarde de la planète...

Mais il semble que l’accès au savoir ne remplace pas le véritable savoir. Être capable de télécharger en deux clics un poème d’Apollinaire n’est pas la même chose que pouvoir le déclamer par cœur, et s’en nourrir.

Alors, que ce soit par passion ou par calcul, ce numéro nous invite à choisir un domaine où nous pourrions nous investir, si ce n’est déjà fait. Il y a le choix, parmi les presque 5000 sociétés savantes recensées par le CTHS.

C’est ainsi que nous avancerons dans le sens suggéré par Georges Charpak : « Soyez savants, devenez prophètes ! »

 

 

Auteur

Rédacteur en chef du magazine des ingénieurs de l'Armement.

Après une carrière ouverte qui l'a conduit à devenir coach professionnel, Jérôme de Dinechin a fondé Blue Work Partners SAS qui propose des diagnostics sur l'efficience de votre organisation, afin d'identifier des gisements de valeur ajoutée et les mettre au service de votre stratégie : diagnostic outillé puis programme d'accompagnement à construire ensemble...
X84, ENSTA, coach certifié IFOD en 2014. Il est l'auteur du guide de survie du chef de projet (Dunod 2017).
#coaching #grandsprogrammes #DSI #conseil #startup #leadesrhip Voir les 43 autres publications de l'auteur

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