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01 mars 2019

L'Europe en vacances

L’Europe avance, poussée par une volonté politique et tirée par une mécanique administrative qui ne dort jamais.

Mais qu’est-ce qu’être européen ? Comment savoir si je suis européen ?


Je me suis demandé combien de pays d’Europe je connaissais parmi les 27, et combien j’en avais visité. Je n’ose pas dire le résultat... Et vous, plus ou moins de 10 ?

Il est loin le temps de l’Expiation, où Victor Hugo nous disait :

« D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France, Choc sanglant ! Des héros Dieu trompait l’espérance, Tu désertais, victoire et le sort était las... »

Le besoin d’Europe est évident : éviter à jamais que les nations les plus développées du monde organisent de nouveau un épouvantable massacre.

Pourtant, passer du temps des nations au temps trans-national semble une gageure et suscite des réactions brutales, que la bien-pensance appelle « repli identitaire », « protectionnisme étriqué », « nationalisme ringard ».

Mais ces réactions sont inévitables puisqu’il s’agit d’un changement de fond, qui touche à la psychologie et à l’âme des peuples, collectivement et individuellement. Un tel changement ne se décrète pas, mais doit s’accompagner avec douceur, sans quoi le rejet est inévitable. La situation est encore plus compliquée lorsque les chocs des nations ont conduit à des fautes et des crimes collectifs qui sont à vue humaine impardonnables et imprescriptibles.

On observe la même chose en développement personnel ou dans les équipes : nous nous sommes construits en nous adaptant à notre cadre social, nous fonctionnons avec une répartition des tâches qui devient avec le temps répartition des qualités : tel est ordonné, tel autre fantaisiste, tel est travaillomane-persévérant, tel autre rebelle ou promoteur.

Fort logiquement, lorsque je mets un trait de caractère en avant chez moi, je cache l’opposé dans mon inconscient en l’habillant du nom d’un défaut : si je développe mon côté « travaillomane », je ne peux pas supporter les « fainéants » et les « dilettantes ». S’« individuer », c’est alors comme le décrit CG Jung apprivoiser cette ombre en nous, trouver son intention positive et lui redonner le nom d’une qualité : non pas fainéant, mais capable de goûter la vie, non pas dilettante, mais curieux et ouvert par exemple.

Revenant aux nations, que dit-on de chacun ? Des Français qu’ils sont fiers et affirmés ; Des Allemands qu’ils sont rigoureux et inflexibles ; Des Anglais qu’ils sont diplomates et influents, etc.

Pour faire l’Europe, il me faudrait donc accueillir en moi des qualités complémentaires à celles que j’ai l’habitude de montrer. Plus précisément, et sans me renier moi-même, mettre un peu d’allemand, de britannique, de polonais, de lituanien, de chypriote, ..., dans mon agir. Un travail alliant l’utile à l’agréable qui trouvera davantage sa place dans un programme de vacances que dans un programme électoral.

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