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balise flottante mise en place pour servir de repère de positionnement lorsque les sondages avaient lieu loin de la côte - Madagascar, années 1950
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08 octobre 2021

AMHYDRO, L’AMICALE DES HYDROGRAPHES
FAIRE CONNAÎTRE ET RAYONNER L’HYDROGRAPHIE FRANÇAISE AU-DELÀ DE SON MILIEU NATUREL

Publié par Bernard Trevisan | N° 124 - SOCIÉTÉS SAVANTES ET ACADÉMIES

Créée pour maintenir les liens entre les hydrographes ayant quitté la Marine, l’association est devenue avec le temps un acteur de la promotion de l’hydrographie française.


Constituée en 1981 grâce à l’action de l’IGA Jean Bourgoin, alors qu’il prend la direction du Service hydrographique et océanographique de la marine, le Shom, l’amicale des hydrographes ou Amhydro, est au départ une association d’anciens destinée à renouer les contacts et à faciliter l’entre-aide entre les officiers mariniers hydrographes ayant quitté le service.

L’association édite un bulletin de liaison annuel qui, au fil du temps, s’enrichit de souvenirs de missions des adhérents et d’articles sur l’hydrographie et son histoire. Ces derniers sont souvent des textes rédigés par Jean Bourgoin ou par d’autres ingénieurs du Shom.

En 1998 le président Jean-Serge Jupas inaugure dans le bulletin une histoire des officiers mariniers hydrographes en quatre chapitres. Son projet d’en faire un livre, en y ajoutant les souvenirs de missions déjà publiés, n’aboutit pas. Le projet est repris vingt ans après en vue de la célébration des 300 ans d’hydrographie française en 2020 et son étendue est augmentée : une histoire de l’hydrographie française est publiée, chapitre par chapitre, sur le site de l’association à partir de 2019. Les dix premiers chapitres sont ensuite rassemblés en un premier tome - historique, consultable librement à l’URL https://amhydro.org/histoire/.

Accessible aux officiers mariniers hydrographes d’active à partir de 2005, l’association s’ouvre quatre ans plus tard aux autres catégories de personnel formé à l’hydrographie par le Shom : ingénieurs, aides-hydrographes et stagiaires étrangers. « Pour moi, le corps des hydrographes, ingénieurs et officiers mariniers compris, forme un tout indissociable, et si le statut militaire interdit la création amicale entre personnels d’active, les joies et les peines partagées dans l’exercice du métier, fortifient les liens d’estime et d’amitié entre ingénieurs et officiers mariniers. » écrit Jean Bourgoin, président d’honneur fondateur de l’Amhydro. Il existe effectivement entre le personnel hydrographique, quel que soit son rang et sa fonction, une « fraternité d’armes » nourrie par la fierté d’exercer un métier si particulier et par les conditions, parfois difficiles, dans lesquelles le travail s’effectue en mer et sur le terrain.

En 2006, Amhydro, exploitant sa photothèque et celle du Shom, réalise un diaporama « des hommes et des femmes au service de l’hydrographie » diffusé à l’occasion de la première journée mondiale de l’hydrographie instituée par l’Organisation hydrographique internationale.

En 2010, l’association ajoute un nouveau but à ses statuts : faire connaître et rayonner l’hydrographie française au delà de son milieu naturel. 

Quelques années plus tard, un adhérent, alors directeur adjoint du Shom, lance l’idée d’enregistrer 

dans un film cinématographique la technique du radio-guidage, largement utilisée en hydrographie à partir des années 1950 jusqu’à son remplacement par la radiolocalisation puis par le GPS. Le projet est soutenu par le Service et le film est tourné en 2017 par l’ECPAD avec des moyens et du personnel du Shom et de l’Amhydro.

Un second film est réalisé en 2019 avec, en outre, le concours de l’Hermione et de l’École navale. Il reconstitue une séance de sonde du début du XIXe siècle. Les films profil au top et paré pour la sonde peuvent être visionnés à l’URL https://amhydro.org/videos-sur-lhydrographie/.

Depuis peu, Amhydro se fait également connaître par des articles publiés dans plusieurs revues. L’association a été récemment associée à la préparation de l’évènement « 300 ans d’hydrographie française » organisé par le Shom. 

 

 

Les hydrographes de la marine

L’hydrographie d’État naît en France au XVIIe siècle sous l’action de Richelieu et, surtout, de Colbert. Celui-ci emploie des ingénieurs qui, assistés de pilotes, d’officiers de marine ou d’hydrographes, nom donné à l’époque aux personnes qui enseignent la navigation, lèvent les côtes et en dressent des cartes pour la défense du royaume mais aussi pour la sécurité de la navigation et la prospérité du commerce. Leur travail aboutit à la publication en 1693 du Neptune françois, un atlas de cartes marines de haute qualité technique, peu vendu mais beaucoup contrefait.

Le Dépôt des cartes et plans de la marine est créé peu après, en 1720, pour centraliser les documents relatifs à la navigation et en assurer l’exploitation : copies, puis création de cartes originales. Les ingénieurs hydrographes qui y travaillent sont avant tout des dessinateurs, les rares levés sur le terrain étant effectués par d’autres ingénieurs ou par des officiers de marine. Il faut attendre la fin du siècle pour que les ingénieurs hydrographes se déploient sur le terrain. Ils sont guidés dans ces nouvelles activités par Beautemps-Beaupré qui s’est illustré précédemment par ses travaux cartographiques lors de l’expédition de D’Entrecasteaux à la recherche de Lapérouse.

Au début du XIXe siècle les ingénieurs hydrographes constituent un corps de la marine. Jusqu’au début du XXe siècle, ils forment sur le terrain le personnel nécessaire aux travaux hydrographiques : sondeurs, secrétaires de séance, observateurs et chefs d’équipe. Ce personnel : officiers, officiers mariniers et matelots, provient des bâtiments de la marine mis à leur disposition et est souvent renouvelé.

En 1908, le personnel non officier est pérennisé par la mise en place d’un certificat d’aide-hydrographe. En 1923, un second certificat est créé, celui d’adjoint hydrographe. Il est destiné à donner aux ingénieurs des adjoints techniques qui puissent les suppléer dans la partie la plus courante des opérations de sondage, de topographie et de rédaction, l’équivalent des sous-officiers topographes de 1914 pour le Service géographique de l’armée. Ce certificat est remplacé en 1934 par la spécialité d’hydrographe du corps des équipages de la flotte, composée uniquement d’officiers mariniers. Les ingénieurs hydrographes se consacrent alors pleinement à leur rôle de direction et de contrôle, de perfectionnement des méthodes et d’adaptation des découvertes nouvelles. En 1970 ils sont intégrés au corps des ingénieurs de l’armement.

 

 

Photographie de tournage du film - l’ingénieur hydrographe prend les angles au moment du sondage

Photographie de tournage du film profil au top - théodolite en station pour le guidage par radio de la vedette sur le profil de sondage

 

    
Bernard Trevisan
Bernard Trevisan entre dans la Marine nationale en 1971. Officier marinier hydrographe en 1975, il est formé à l’informatique scientifique par l’ESEAT à Rennes. A partir de 1987, il poursuit une carrière informatique dans le privé, notamment chez Capgemini. Il devient président de l’Amhydro en 2008 et rédige pour son bulletin annuel plusieurs articles sur l’histoire de l’hydrographie.
 

Auteur

Bernard Trevisan

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