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03 octobre 2021

ACADÉMIE DES SCIENCES ET PRIX LAMB

L’Académie des sciences

Depuis sa création, l’Académie se consacre au développement des sciences et conseille les autorités gouvernementales en ce domaine. Aujourd’hui, les académiciens exercent leurs missions, vis-à-vis de l’Etat et vis-à-vis des fondations, au sein de comités ou de groupes de travail.


Cinq missions sont dévolues à l’Académie des sciences :

-  l’encouragement de la vie scientifique : la production de connaissances, motivée par la perspective d’applications ou par la seule envie de savoir, est vitale pour le dynamisme économique et culturel d’une nation ; elle passe par la publication de la revue Comptes Rendus de l’Académie des sciences, créée en 1835 ;

-  la promotion de l’enseignement des sciences : l’apprentissage du raisonnement et l’éducation aux sciences sont essentiels à la formation de l’esprit critique des futurs citoyens et au renouvellement d’une communauté scientifique de qualité ; 

-  la transmission des connaissances : la communauté scientifique doit à la société explication et partage des savoirs ;

-  la favorisation des collaborations internationales : la science est universelle, et les défis à relever sont pour la plupart de dimension mondiale ;

-  l’exercice d’un rôle d’expertise et de conseil : l’arbitrage en matière scientifique et technologique est du ressort du politique, qui doit être en capacité de faire des choix éclairés. L’Académie des sciences exerce cette mission d’expertise et de conseil, à la demande des pouvoirs publics ou après autosaisine.

Au début des années 2000, l’Académie s’est dotée de nouveaux statuts lui permettant d’augmenter et rajeunir son effectif, afin de répondre à l’accroissement des connaissances scientifiques et à l’élargissement des domaines de recherche.

Un bureau, deux comités et trois délégations

L’Académie des sciences est gérée par un Bureau qui décide des axes d’interventions et des choix stratégiques en s’appuyant sur des instances de gouvernance : le « comité restreint », le « comité secret » et trois délégations.

Le Bureau de l’Académie des sciences organise la vie scientifique et les travaux de l’Académie et veille à son bon fonctionnement. Pour 2021 - 2022, le Secrétaire perpétuel pour la division Sciences mathématiques et physiques, sciences de l’univers, et leurs applications est Étienne Ghys et celui de la division Sciences chimiques, biologiques et médicales, et leurs applications est Pascale Cossart. Patrick Flandrin en est président, Antoine Triller, vice-président.

Le « comité restreint » définit les axes de travail et de réflexion de l’Académie : orientation et structure de la recherche, science et société, rapports et avis de l’Académie, proposition de colloques, création de comités, etc.

Le « comité secret » désigne l’assemblée générale délibérative à huis clos de l’Académie des sciences. Le « comité secret » prend toutes les décisions relatives à l’Académie, dans le cadre des dispositions prévues pas ses statuts et son règlement intérieur. Il est présidé par le président de l’Académie.

Trois délégations, confiées à des académiciens, contribuent à la mise en oeuvre de la politique de l’Académie sous la responsabilité du bureau. Les trois délégués sont invités permanents du bureau et du « comité restreint » : Jean-Paul Laumond, délégué à l’information scientifique et à la communication, Éric Westhof, délégué à l’éducation et à la formation, Francis-André Wollman, vice-président délégué aux relations internationales.

Les membres de l’Académie

L’élection de membres, y compris d’associés étrangers, relève de la mission d’encouragement de la vie scientifique

L’Académie des sciences compte aujourd’hui 279 membres, 105 asIls exercent notamment leur mission au sein de comités de réflexion thé-sociés étrangers et 66 correspondants, élus parmi les scientifiques français et étrangers les plus éminents, l’Académie des sciences étant pluridisciplinaire et largement ouverte à l’international.

Les académiciens sont répartis dans des sections appartenant à l’une ou l’autre des deux divisions :

-  Sciences mathématiques et physiques, sciences de l’univers, et leurs applications ;

-  Sciences chimiques, biologiques et médicales, et leurs applications.

Ils exercent notamment leur mission au sein de comités de réflexion thématiques, qui constituent la pierre angulaire de l’activité de conseil et d’expertise de l’Académie.

Parmi les membres correspondants de l’Académie figure aujourd’hui un ingénieur de l’armement en la personne de l’IGA Marc Pélegrin (voir page précédente).

Les ingénieurs hydrographes et l’Académie des sciences 

A des époques où l’ingénierie et la recherche scientifique étaient plus proches, l’Académie des sciences accueillait volontiers des ingénieurs hydrographes, une quinzaine en tout entre les 19e et 20e siècles. Il existait jusqu’en 1976 une section de géographie et navigation, élargie à cette date aux sciences de l’Univers.

Les hydrographes du 19e siècle étaient très versés en astronomie et en observations astronomiques, ce qui valut à trois d’entre eux de recevoir le prix « Lalande ».

En 1876 fut créé par l’Académie des sciences un prix « destiné à récompenser tout progrès de nature à accroître l’efficacité de nos forces navales ». Il fut attribué à une douzaine d’ingénieurs hydrographes entre 1876 et 1915.

Le dernier ingénieur hydrographe à avoir été élu à l’Académie des sciences, en 1973, est Henri Lacombe (1913-2000) . Il avait depuis 1955 quitté le Service hydrographique après vingt années de carrière, pour se consacrer pleinement à la recherche océanographique et à son enseignement dont il fut le fondateur en France. C’est un des principaux précurseurs de l’océanographie française. Il se vit décerner les prix « Becquerel » en 1951 et « Binoux » en 1966, ce dernier récompensant une oeuvre de vulgarisation.

Plus récemment, des ingénieurs de l’armement (hydrographes) se sont vu remettre des prix de l’Académie des sciences, le dernier étant l’IGA Jean-François Bonnot qui reçut le prix « Givry » en 1988.

Les derniers avant lui étaient les IGA :

  • Marc Eyriès Prix Plumey 1964
  • Jean Bourgoin Prix Givry 1968
  • André Comolet-Tirman Prix Binoux 1970
  • André Roubertou Prix Gay 1977
  • Antoine Demerliac Prix Givry 1978
  • Jean-Claude Gaillard Prix Binoux 1985

Le prix Givry, décennal, était destiné à un hydrographe s’étant spécialement distingué par ses travaux. Alexandre Givry  était un ingénieur hydrographe académicien du début du 19e siècle.

Le prix Binoux, attribué tous les deux ans, devait concerner une fois sur deux la géographie et la navigation, une fois sur deux l’histoire et la philosophie des sciences.

Le prix Plumey, annuel, concernait la navigation, notamment la propulsion.

Le prix Gay, attribué tous les 4 ans, concernait la géographie physique.                   Yves Desnoës

Le prix Lamb

Dans sa mission d’encouragement de la vie scientifique, les legs reçus permettent à l’Académie des sciences de décerner chaque année une vingtaine de prix qui distinguent les scientifiques les plus méritants et les projets les plus prometteurs.

appartient à la catégorie des prix en mathématique, physique, mécanique, informatique et sciences de la Terre et de l’univers.

Créé en 1938, et d’un montant de 10 000 €, il est décerné tous les deux ans (maintenant tous les trois ans depuis 2012) dans le but de favoriser les travaux et études concernant la défense nationale en France. De nombreux ingénieurs des corps fusionnés dans le corps de l’armement avant 1968, et des IA ultérieurement ont été distingués dans le passé par l’attribution de ce prix.

Le prix a ainsi été attribué en :

-  1954 à l’ingénieur principal du Génie maritime André Gempp pour ses études effectuées en vue de la réalisation du bathyscaphe français ;

-  1956 à l’ingénieur en chef du Génie maritime Robert Legendre pour ses travaux de mécanique et machines thermiques.

-  1958 aux ingénieurs en chef des Fabrications d’armement Pierre Girardin, Antonin Collet-Billon et Jean Sevestre pour les études et réalisation concernant les engins français sol – air ;

-  1962 à l’ingénieur général de l’Artillerie navale Georges Barbe pour les études et la réalisation du mortier anti-sous-marins de 305 mm ;

-  1964 à l’ingénieur en chef de 1ère classe de l’Artillerie navale Georges Malandain pour l’invention du système d’arme « Malafon » ;

-  1966 à l’ingénieur en chef de l’Air Roger Chevalier pour ses travaux sur la réalisation d’engins balistiques et lanceurs de satellites ;

-  1976 à l’IGA Henri Labrunie (avec Emile Stauff ancien directeur de la division des engins tactiques de la SNIAS) comme principaux responsables de l’étude du programme de l’engin Mer – Mer 38 ;

-  1978 à l’ICA Roger Marguet pour les études sur la propulsion des engins militaires par statoréacteur.

 

 

 

Willis Lamb en 1955, année de son prix Nobel

Willis Eugene Lamb (1913 – 2008) est un physicien américain qui a reçu la moitié du prix Nobel de physique de 1955 pour ses découvertes concernant la structure fine du spectre de l’hydrogène. L’autre moitié du prix Nobel avait été attribuée à Polycarp Kusch pour la détermination du moment magnétique de l’électron avec une très grande précision.

Lamb a passé son doctorat de physique en 1938 à Berkeley sur les propriétés électroniques des noyaux sous la direction de Robert Oppenheimer.

En 1947, avec Robert Retherford, il fait de nombreuses découvertes sur la structure fine de l’atome d’hydrogène et découvre le « déplacement de Lamb » des raies spectrales. Il a travaillé dans de nombreux domaines de la physique quantique.

Enseignant dans les universités de Stanford, Oxford, Yale et d’Arizona, Lamb était membre de l’Académie des sciences américaine.

Source Wikipédia.

 

Auteur

Daniel Jouan a effectué sa carrière à la DGA, d’abord dans des fonctions techniques au profit des programmes de dissuasion nucléaire (MSBS et Pluton), ensuite dans le suivi de l’activité industrielle de l’armement, et a quitté le service en 2005 après avoir été chargé de la gestion financière des études et recherches de défense. Voir les 12 autres publications de l'auteur

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