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Une équipe motivée et ambitieuse pour le corps de l’Armement
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28 mars 2022

AMBITION ET CARRIÈRE DES INGÉNIEURS DE L’ARMEMENT
TRAVAUX DU THINK TANK DES JEUNES IA, ACACIA

Sous l’impulsion des deux Vice-Présidents du CGARM, Laurent Giovachini puis Hervé Guillou, des travaux d’analyse menés à partir de l’été 2020 ont contribué à objectiver certains ressentis récurrents et à proposer des réponses concrètes aux défis du corps de l’armement.


Une photographie du corps de l’armement

L’état des lieux d’ACACIA s’appuie sur différentes sources. Outre l’accès à des données classiques (rapports sur la haute fonction publique, positions et employeurs des IA, parcours des IGA sur les vingt dernières années), un sondage a été transmis à plus de 600 IA pour plus de 200 réponses (73 % de réponses chez les moins de trente ans). Une centaine de personnalités (directeurs de la sphère publique, dirigeants d’entreprise, etc.) ont répondu à un questionnaire dont les réponses ont été approfondies lors d’une soixantaine d’entretiens. Cette forte mobilisation illustre la volonté unanime des IA de participer à la bonne santé du corps. 

Employeurs des 1 630 IA en activité (dont les radiés)

Quels constats ?

Le premier résultat montre que le service de la Nation et les domaines d’activité liés à l’armement sont les points forts du corps pour les IA interrogés. Le niveau de responsabilité est jugé plus important que dans le privé, en particulier en début de carrière. Enfin, a été soulignée la diversité des parcours, à la DGA comme en dehors. Pour les IA de moins de trente ans, ces points forts sont justement les critères qui leur ont fait choisir d’intégrer le corps. Les principaux points faibles du corps relevés par les sondés sont la gestion des individus et la progression des carrières.

RAYONNEMENT ET SOFT-SKILLS À PERFECTIONNER

Les employeurs interrogés, dont certains ne sont pas membres du corps, ont reconnu les compétences techniques et de gestion de projets complexes des IA. Ils identifient en revanche le rayonnement (dans l’administration, dans l’industrie ou à l’international) et les soft-skills comme des domaines de perfectionnement majeurs. Plusieurs personnalités militent pour que les expériences hors DGA soient pensées comme une force, autant par les compétences qu’elles permettent aux individus d’acquérir (connaissance des enjeux industriels, expérience interministérielle, etc.) que par la diversité des profils qu’elles constituent. Par ailleurs, le rayonnement se révèle aussi une opportunité importante pour les individus car il permet de faciliter la sortie définitive du corps, évaporation nécessaire au maintien d’une structure pyramidale optimisée des effectifs du Corps.

Concernant l’ambition du corps et le rôle que celui-ci est légitime à jouer dans les défis qui se présentent pour l’État, le rapport fait apparaître que les IA sont présents, hors MINARM, dans plus de 250 organismes différents. Certains concentrent une dizaine voire plusieurs dizaines d’IA. Les principaux sont Naval Group, Airbus, Thales, le CEA, Safran, le CNES, MBDA et le SGDSN dont l’ANSSI. Beaucoup de personnalités ont de plus noté le faible nombre d’IA dans les cabinets ministériels, comparé à la situation d’il y a une quinzaine d’années, ainsi que dans les organisations internationales (2 % des IA). Plusieurs employeurs ont fait part de leur volonté d’employer davantage d’IA dans toutes les catégories d’âge.

Ambition du corps de l’armement et carrière des ingénieurs de l’armement : une douzaine de jeunes IA a mené une réflexion stratégique sur l’avenir du corps selon trois perspectives (le recrutement, le rayonnement et la fidélisation dans le corps de l’armement), sous la supervision de la DGA et du CGARM. %F%

56 propositions

L’état des lieux a conduit à formuler 56 propositions selon trois axes : le rayonnement et l’ambition du corps, le suivi des ingénieurs ainsi que la notoriété et l’animation du réseau du corps.

Afin de satisfaire l’ambition du corps, ACACIA propose de construire et de maintenir à jour une liste d’entités hors DGA pour l’accueil des IA, dans une logique d’acquisition comme de mise à disposition de compétences. Quantifier les postes à gréer est un préalable à un dimensionnement du corps exhaustif. Il s’agit ainsi de définir les besoins en IA des ministères, des établissements publics ou encore des organismes internationaux. Cette cartographie permettra d’orienter les IA dans leur rayonnement, que ce soit dans une logique d’aller-retour ou pour un départ définitif, et d’améliorer la gestion des carrières au travers de projections à 3, 5 et 10 ans.

Sur le rayonnement, ACACIA propose de (re)créer des filières dans divers établissements publics (ONERA, CNES, CEA), voire des administrations (comme les services de renseignement). Cela consiste à affecter des IA en premier poste dans ces organismes, comme c’était le cas auparavant. En complément, nous proposons de promouvoir la possibilité de faire une période de mobilité en milieu de carrière. Si la période d’ouverture initiale est plutôt orientée vers l’industrie, il est proposé que cette seconde mobilité soit orientée vers l’administration, française ou internationale.

Concernant l’accompagnement personnalisé des IA, plusieurs propositions visent à accroître l’adéquation entre les appétences des individus, leurs compétences et les besoins de l’État. Notre première recommandation est donc un suivi amélioré, avec des entretiens a minima annuels avec le CGARM et/ou la DRH de la DGA, afin de faire le point sur leur carrière. Si des parcours existent, il convient de faire preuve de souplesse afin de mieux prendre en compte les expériences et les compétences acquises. Cela passe aussi par une meilleure reconnaissance des postes tenus par les IA à l’extérieur de la DGA, par exemple en les transposant dans le référentiel DGA (cotation, etc.), afin d’assurer une réelle équivalence.

Un constat implacable de l’état des lieux est le manque de notoriété du corps, qui pourrait donc être renforcée. Les IA possèdent des compétences rares au sein de l’État telles que la connaissance de domaines techniques spécifiques, la gestion de projets complexes, l’exercice de la maîtrise d’ouvrage, la définition et le pilotage d’une politique industrielle efficiente. Si le rayonnement contribue à cet objectif, des actions plus spécifiques sont proposées comme la participation à des missions parlementaires ou encore une communication très large sur les réalisations du corps (le magazine des IA est une excellente base et, au-delà des expériences individuelles, il convient de montrer ce que nous apportons collectivement). La notoriété commence dans les écoles d’ingénieurs au sein desquelles le corps recrute. Des actions spécifiques de communication sont ainsi proposées (par exemple la participation de grands témoins IA à des conférences à l’X). 

Quant au recrutement, il est proposé d’avancer l’oral du concours sur titres de mi-novembre à la fin du printemps. Cela permettra de s’aligner sur les autres grands corps techniques et les entreprises, et donc de ne pas se priver d’une partie du vivier.

Enfin, des actions d’animation du réseau du corps ont été proposées. Des événements plus réguliers (dîner-débat, visite, déjeuner autour d’une personnalité du corps, etc.) pourraient être organisés. La CAIA pourrait ainsi participer à la mise en œuvre de cette mesure, en liaison avec le CGARM et la DGA. 

DES COMPÉTENCES RARES, MAIS UN MANQUE DE NOTORIÉTÉ

Et maintenant ? 

Après des présentations au Délégué et au Vice-président, 48 propositions ont été retenues. Un plan d’action concerté a été défini et de nombreuses propositions sont déjà en cours de mise en œuvre à la DGA et au CGARM, auxquelles la CAIA prévoit d’apporter son concours. Ce plan d’action fera l’objet d’un suivi régulier exercé par un comité regroupant le CGARM, la DGA et la CAIA. Les résultats des travaux ont également été présentés aux personnalités ayant contribué lors d’une conférence de restitution ainsi qu’à la Ministre lors de la dernière réunion du CGARM.

Cette réflexion aura permis de dépasser le simple échange d’opinions individuelles et d’objectiver, pour partie, de nombreux ressentis sur le corps. Elle a été l’occasion pour de jeunes ingénieurs, avec l’écoute et le soutien bienveillants de la DGA et du CGARM, de mettre en avant leurs idées, d’échanger avec des personnalités, de développer une certaine vision pour le corps de l’armement et de contribuer à améliorer la situation.

Pour la suite, le Vice-président du CGARM souhaite mener une telle réflexion à échéance régulière (tous les 2-3 ans). Que les volontaires se fassent connaitre ! 

ACACIA

ACACIA - ambition du corps de l’armement et carrière des ingénieurs de l’armement : une douzaine de jeunes IA a mené une réflexion stratégique sur l’avenir du corps selon trois perspectives (le recrutement, le rayonnement et la fidélisation dans le corps de l’armement), sous la supervision de la DGA et du CGARM. 

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