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affiche de l'exposition "Forces spéciales"
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10 novembre 2022

L’EXPOSITION FORCES SPÉCIALES AU MUSÉE DE L’ARMÉE

Publié par Amandine REIX (1982) et Carine Lachèvre, commissaire de l'exposition | N° 127 - PROJETS ET NUMERIQUE

Le musée de l’Armée présente cet automne la première exposition jamais consacrée aux forces spéciales françaises (terre, mer, air et santé) dévoilant les coulisses de l’une des entités les plus discrètes de nos armées. 


Programmé à l’occasion du 30ème anniversaire de la création du Commandement des opérations spéciales (COS), co-producteur de l’exposition et qui compte quelques ingénieurs de l’armement, cet événement propose une immersion inédite au cœur de ces unités d’exception, dans l’intimité d’hommes et de femmes pas comme les autres et qui œuvrent chaque jour dans des conditions extrêmes, avec humilité et esprit d’équipe. De la Seconde Guerre mondiale à nos jours, l’exposition revient sur l’héritage historique des forces spéciales d’aujourd’hui, la sélection, la formation, l’entrainement des opérateurs et des commandos, les équipements, le matériel et l’armement et les principaux faits d’armes en Ex-Yougoslavie, Afghanistan, Sahel et ailleurs dans le monde. 

 

 

Informations pratiques :

Musée de l’Armée, Hôtel national des Invalides 

129, rue de Grenelle, 75007 Paris 

musee-armee.fr 

Tous les jours de 10h00 à 18h00, les mardis en nocturne jusqu’à 21h 

Accès avec le billet d’entrée au Musée 

Dates d’ouverture : 12 octobre 2022 - 29 janvier 2023 

Catalogue d’exposition, éditions de La Martinière, 320 p. 

Organisée autour du témoignage, parfois intime, de soixante-neuf acteurs des opérations spéciales (vétérans, officiers généraux, équipiers en service ou reconvertis, épouses…) et immergée dans l’univers cinématographique qui a façonné la perception des forces spéciales dans la culture populaire, l’exposition donne l’occasion inédite de découvrir des archives déclassifiées, des photographies d’équipiers et une grande diversité d’objets provenant des unités, des industriels ainsi que de collections privées et publiques - françaises et étrangères - dont celles du musée de l’Armée. 

Les visiteurs pourront découvrir, répartis sur 900 m2, 236 objets : uniformes, équipements, vecteurs terrestres, maritimes, subaquatiques et maquettes de satellites, de drones et de vecteurs aériens. La plupart d’entre eux n’avaient jamais été présentés au public auparavant. 

En complément du parcours, le visiteur pourra découvrir un accrochage inédit, sur les grilles et dans les douves des Invalides, des photographies prises par Édouard Elias, en mars 2022, pendant ses 192 heures d’immersion au sein des forces spéciales, au Sahel, dans le cadre de l’opération Barkhane. 

Trois ans auront été nécessaires pour mettre en œuvre ce programme. 

L’équipement des forces spéciales, entre nouvelles technologies et permanence de la rusticité 

Depuis trente ans, le COS mène une politique d’innovation et de préparation de l’avenir qui repose sur un processus de retour d’expérience (RETEX) à tous les niveaux. L’objectif de cette démarche qui est au cœur des forces spéciales, est de se doter d’équipements extrêmement performants afin de garder constamment l’ascendant sur l’adversaire. Nous en avions dressé un panorama dans notre numéro dédié « Forces spéciales » : https://www.caia.net/revue-auteurs-rubriques-numeros/numeros/les-forces-speciales/22

Pour cela, le COS bénéficie de l’imagination et de l’expérience des équipiers qui se nourrissent du mélange des cultures des quatre composantes des forces spéciales (terre, air, mer, santé). Le fruit de leurs réflexions est partagé avec les structures d’innovation des unités des forces spéciales, du COS, des armées et ainsi alimente le secteur de la recherche avec lequel coopèrent les start-ups et les entreprises. 

Outre ces innovations spécifiques apportées dans d’innombrables domaines, un grand nombre de matériels sont acquis « sur étagère » auprès d’industriels. Ils peuvent être modifiés pour répondre aux besoins des opérations spéciales. 

Dans les prochaines années, les innovations majeures s’orienteront vers l’intelligence artificielle dont l’incidence dans le domaine du renseignement et de la réalité augmentée – entraînement et préparation opérationnelle – sera cruciale. Pour autant, le COS s’interdit de rentrer dans la surenchère technologique : la rusticité est et demeurera la marque des équipiers des forces spéciales. 

« FAIRE AUTREMENT » : UNE INTERPELLATION À NE RIEN S’INTERDIRE QUI CONSISTE, EN AMONT, À PENSER AUTREMENT. CETTE DEVISE CONTINUERA DE GUIDER LE COS DANS SA POLITIQUE D’INNOVATION. INGÉNIEUR EN CHEF DE L’ARMEMENT CHRISTOPHE REDAUD

Pour la section dédiée à l’équipement des forces spéciales, le scénographe s’est inspiré des racks métalliques de rangement utilisés par ces dernières.

Résultat, une soixantaine d’objets réunis sur des étagères, prêts à être emportés en opération. 

Parmi ces objets, les jumelles de vision nocturne Bonie HP prêtées par Thales. La plupart des opérations spéciales se déroulent de nuit. Il devient alors indispensable pour les équipiers de conserver un avantage tactique, même par les nuits les plus sombres, pour accomplir leurs missions. Les jumelles de vision nocturne (JVN) sont dotées d’un dispositif à grande ouverture et intègrent un intensificateur d’image pour amplifier la lumière ambiante de la lune et des étoiles, ainsi qu’un illuminateur infrarouge qui permet aux soldats d’opérer efficacement de nuit malgré la couverture nuageuse, ou dans l’obscurité totale d’un sous-sol ou d’un bâtiment non éclairé. 

Autre objet, du quotidien à la base mais adapté pour les commandos marine : la montre WRX Millenium Titane. La société horlogère française Ralf Tech a mis au point en 2014 une montre résistant aussi bien aux chocs qu’aux températures extrêmes et à la pression atmosphérique et sous-marine. Les équipiers du commando Hubert ont été les premiers, en 2011, à utiliser les montres de la marque. Ce modèle est étanche jusqu’à 1 000 mètres de profondeur. 

Une salle immersive de 300 m2 dédiée aux grands formats 

Le visiteur peut s’asseoir dans des sièges de C-160 Transall récemment réformé, et observer autour de lui un sous-marin bi-place du commando Hubert, un canoë rescapé d’une mission de la Seconde Guerre mondiale, un buggy 4 places de la société Polaris, des maquettes d’hélicoptères produits par Airbus : le Tigre et le Caracal. La maquette du drone Reaper mesure 3 mètres d’envergure ; il faut dire que l’original en fait 11. Les cinq dimensions sont bien présentes : l’air, la terre, la mer, le monde sous-marin, sans oublier l’espace : la Direction générale de l’armement a prêté pour la première fois sa maquette de satellite CSO (composante spatiale optique). Utilisé pour des missions de reconnaissance et d’identification au profit de la direction du renseignement militaire, il peut recueillir du renseignement sous forme d’images en extrême haute résolution, en tout point du globe, de jour comme de nuit. 

Férus de nouvelles technologies, amateurs d’histoire ou de cinéma, fans de jeux vidéo ou curieux de découvrir les coulisses d’un univers hors du commun, soyez tous les bienvenus dans l’exposition Forces spéciales. 

Et pour aller plus loin, jetez-vous sur le livre de Nicolas Zeller, « Corps et âme » dont nous avons fait une recension dans notre numéro 125 et qui développe l’article anonyme qu’il avait écrit dans notre numéro sur les Forces Spéciales. Vous passerez plus qu'un agréable moment, une aventure… 

Auteurs

Carine Lachèvre, commissaire de l'exposition

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