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Visite du site de Bourges en compagnie de Vincent Ginabat, ICA chez Nexter munitions 
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28 mars 2022

LA FAMIA 2022

La formation administrative et militaire des ingénieurs de l’armement (FAMIA) est un évènement bien institué, qui revient chaque année, donne satisfaction aux auditeurs, et que d’aucuns pourraient croire immuable. Immuable, vraiment ? Le monde bouge et notre formation doit évoluer. Mais voyons cela plus en détail. 


La FAMIA 2022 s’est ouverte le 3 janvier 2022, à Balard, avec une séance inaugurale par l’IGA Vincent Imbert, inspecteur général des armées – armement, puis une rencontre avec le Délégué général pour l’armement. La suite de la formation se déroule principalement à l’ENSTA Paris, avec notamment un échange amical avec la CAIA autour d’un petit déjeuner. Un démarrage un peu compliqué avec des IA positifs au COVID, à tour de rôle, des intervenants parfois, des visites annulées de façon bien compréhensible, mais aussi des solutions de dernière minute, de l’inventivité et un incroyable dévouement des intervenants ou organisateurs de visites pour que tout se passe au mieux et que les IA s’approprient leur nouvel environnement. Un démarrage somme toute sous de meilleurs auspices que la FAMIA 2021, qui avait vu toutes ses visites annulées, et 90% des interventions basculées en visio. Avec en prime cette année, une soirée virtuelle de speed dating consacrée aux périodes d’ouverture de jeunes ingénieurs dans l’industrie. Donc, soyons positifs, sans jeu de mots, et disons que la FAMIA 2022 est sur de bons rails, et nous ferons tout pour qu’elle y demeure.

Mais qui sont nos IA de la FAMIA 2022 (ou famiarques 2022) ? Essentiellement des X 2017 entrés dans le corps en 2020, et des IA recrutés sur titres fin 2021, mais aussi quelques IA plus anciens ayant achevé une thèse.

Nos IA suivent un cursus articulé autour de huit semaines bien denses. 

 

 Un cursus en 8 semaines thématiques :

(S1) Armement, Armées, pourquoi ? Pour quoi faire ?

(S2) Armement, ses dimensions européenne et internationale : coopération, exportation

(S3) L’armement et les secteurs Terrestre, NRBC et sciences de l’homme

(S4) L’armement, acteur de la transformation publique, de l’innovation et du numérique

(S5) L’armement et le secteur Naval et la dissuasion

(S6) L’armement et les secteurs IA, renseignement et spatial

(S7) L’armement et le secteur Aéronautique

(S8) IA, un corps, des moyens, des métiers, un environnement social et économique %F%

 

Mais il y a une nouveauté, liée à la réforme de la haute fonction publique, voulue par le Président de la République : dans le cadre de l’institut national du service public (INSP) qui a succédé à l’ENA le 1er janvier 2022, a été mis sur pied un module de tronc commun à tous les hauts fonctionnaires en formation initiale. Toutes les écoles de formation des grands corps ont contribué à la construction de ce module, destiné à mixer les cultures et développer une véritable approche interministérielle. Pour le corps de l’armement, l’ENSTA Paris était à la manœuvre. Ce module se compose de cinq chantiers :

- Valeurs de la république

- Transition numérique

- Transition écologique

- Inégalités – pauvreté

- Rapport à la scienA l’heure où Federer quitte la compétition, j’aimerais rappeler comment Tim Gallwey a révolutionné le coaching sportif puis professionnel à partir de son livre « The Inner Game of Tennis », publié voici 50 ans. Ayant observé que « l’adversaire dans ma tête est plus puissant que celui de l’autre côté du filet », Tim a théorisé que nous avions tous en nous deux « moi », le moi n°1 situé dans notre tête donnant des ordres souvent contre productifs au moi n°2, pourtant beaucoup plus élaboré et mettant en œuvre le système complexe de notre corps constitué de capteurs, calculateurs, actionneurs, etc., un peu comme une calculette de collège qui voudrait commander un supercalculateur. Il a ainsi permis à de nombreux champions de progresser en focalisant leur attention sur des questions apparemment périphériques, comme le rebond de la balle, ou une sensation particulière « pense à ton orteil !», de manière à laisser le corps jouer son jeu sans perturbation, ce qu’il a appelé le « jeu intérieur ».

En matière de projets informatiques et des transformation qui les accompagnent, l’analogie peut être faite : on croit pouvoir prendre une décision rationnelle et simple, mais il faut pour la mettre en œuvre des mouvements impossibles à décrire ou anticiper. Les systèmes d’information ont en effet cela de gênant que l’on n’y comprend en réalité pas grand-chose. Les interfaces sont nombreuses et dangereuses, les flux difficiles à maîtriser, les exceptions au logigramme théorique innombrables, le code illisible et l’héritage explosif : que devient un flux continu lorsqu’il y a une rupture de la liaison ? Comment fonctionner en batch lorsqu’il y a des aller-retours ? Comment accorder des droits de super-user sans créer le chaos ? Etc.

Plus qu’ailleurs, on est obligé en IT de décider sans savoir, ce qui est angoissant pour les décideurs. Cela coûte très cher sans que l’on puisse être sûr de l’estimation. Plus on essaye de comprendre, plus cela semble impossible. Plus on essaye de rentrer dans les détails, moins le système semble fonctionner. Et lorsque le nouveau système qui était censé simplifier et améliorer arrive à la mise en production, la fameuse résistance au changement rajoute au lot de surprises.

Quel jeu intérieur pouvons-nous alors mettre en œuvre ?

Regardons alors ce qui semble fonctionner du côté du joueur : côté raquette, des performances exponentielles des machines selon la loi de Moore ; du stockage délocalisé dans le Cloud ; des modules fonctionnels modulaires très sûrs ; des process d’échanges de données répartis avec contrôle intégré, et bien d’autres... Côté gestuelle, citons la méthodologie « Agile » issue du manifeste du même nom, le DevOps visant à unifier le développement et l’administration simultanément. Pour le centrage de la balle, ce serait la conduite du changement et l’implication des personnels en amont.

Mais la tête alors ? A elle de faire en sorte que le joueur soit en forme, bien entraîné et compétent, d’être convaincue qu’on peut gagner, et une fois dans la partie, de penser à son orteil ! 

 

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Les services apportés par l’informatique continuent de progresser, à preuve cette création de l’intelligence artificielle www.craiyon.com d’un chat rédacteur en chef 

 

L’ENSTA Paris a particulièrement travaillé sur les modules « transition numérique » et « rapport à la science ». Ces modules sont proposés en présentiel ou en visio, selon les sujets, parfois en même temps que les autres, corps, et donnent lieu à l’élaboration d’un projet. Pour des raisons de volume des populations concernées (par exemple chaque année, cinq cents nouveaux magistrats suivent cette formation), il n’est bien évidemment pas possible de rassembler tous les jeunes hauts fonctionnaires en même temps. Ces modules de tronc commun s’intègrent aux deux mois de FAMIA, dans les plages autrefois consacrées au projet. Une telle formation est une chance pour nos IA et complète la formation qui leur était dispensée jusqu’à présent, en leur donnant des clefs de compréhension du fonctionnement de l’Etat et des politiques publiques. Une nouveauté dont il faudra tirer des enseignements pour une nouvelle édition.

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