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Journée d’entrainement avec le GIGN : apprendre l’entraide
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25 juin 2022

PLONGEE EN INTERMINISTERIEL
INTERVIEW D’AMANDINE REIX, LAURÉATE DU PROGRAMME TALENTUEUSES

Après un socle technique dans le domaine des drones et du numérique, puis un passage en finances, Amandine Reix a été conseillère auprès du Délégué Général pour l’Armement et est depuis septembre 2021 directrice de deux programmes dans le domaine des satellites d’observation.


La CAIA : tu as été lauréate du premier programme des Talentueuses, lancé à l’été 2021 par Amélie de Montchalin, alors ministre de la Transformation Publique : peux-tu me décrire comment se fait la sélection ?

Amandine : C’est une grande fierté d’avoir intégré ce programme. Celui-ci est ouvert aux femmes ayant au moins six ans d’expérience professionnelle à des postes d’encadrement supérieur et susceptibles d’accéder à un premier emploi fonctionnel. Dans ma promotion, il y a des femmes ayant fait l’ENA, évidemment, mais également des ingénieures A+, comme des IPEF. J’y suis la seule ingénieure de l’armement.

La CAIA : quel est le but dans la création de ce programme ?

Amandine : La loi Sauvadet, dont on fête le 10ème anniversaire impose un taux minimum de personnes de chaque sexe parmi les personnes nommées pour la première fois aux principaux emplois de l’encadrement supérieur et dirigeant de l’Etat. Ce taux est de 40% depuis 2017. Le ministère des Armées vient d’atteindre cet objectif. Aujourd’hui, le gouvernement souhaite passer d’une logique de flux (les primo-nominations) à une logique de stock. Le but du programme est donc d’encourager les femmes à candidater aux postes de sous-directrice et donc augmenter le vivier dans la haute fonction publique.

La CAIA : que t’a déjà apporté le programme ? Peux-tu nous parler d’expériences concrètes ?

Amandine : tout a commencé dans un car, où nous, les 50 talentueuses, étions en partance dans un bus pour une journée au GIGN. Nous avons été mises en situation de stress afin que nous soyons obligées de nous entraider les unes les autres. J’ai mieux compris le questionnaire portant sur le vertige et la claustrophobie !

Au sein de ce programme, nous venons toutes d’origines différentes : nous sommes trois actuellement au ministère des armées. J’ai pu dîner avec des talentueuses diplomates en Australie ou au Qatar et confirmer de véritables synergies dans nos domaines, ou bien m’ouvrir à de nouveau horizons par le ministère de l’écologie, de la culture ou de l’éducation nationale. Je pense avoir trouvé ma place au sein de ce groupe.

Au sein des différents séminaires en plénière, quatre grands objectifs : mieux se connaître, s’inspirer et s’autoriser, s’apprécier, se projeter. Nous avons travaillé sur notre plan de carrière à long terme, identifiant les grands jalons, nous avons pitché en 1 minute à la Philharmonie de Paris, nous avons appris des techniques de gestion du stress à la Comédie Française et nous avons même fini par danser ou faire du yoga ! Au-delà de l’aspect ludique, le rapport au corps est très important dans les postes à responsabilité : c’est une endurance sur le long terme. Enfin, un déjeuner avec Amélie de Montchalin nous a permis de discuter avec les Délégués à l’Encadrement Supérieur et nous voir proposer des postes ou au moins des rendez-vous afin d’être intégrées dans le vivier. 

La CAIA : en plus des séminaires de groupe, vous avez également des ateliers de co-développement et du coaching, peux-tu nous dire ce que ça t’a apporté ?

Amandine : j’ai découvert les ateliers de co-développement avec ce programme. C’est un outil très puissant car la participante qui expose sa situation est de facto engagée dans le processus de résolution, avec ce que vont proposer les 7 autres participantes. Le coaching m’a énormément apporté : elle a questionné mes croyances profondes. Aujourd’hui je connais les points forts sur lesquels je peux m’appuyer et je vois où je veux aller. Le coaching est un très bon outil de progression, qui donne énormément d’énergie. Le CNES m’a déjà fait la remarque : « on voit que tu t’es fait coacher ! »

La CAIA : quelles personnalités as-tu rencontrées et en quoi te marquent-elles ?
Amandine : Amélie de Montchalin a été très présente. J’ai été particulièrement émue de la présence de François Sauvadet le 8 mars. Emilie Piette, directrice de la DIESE, est venue régulièrement. Nous avons également eu de magnifiques témoignages : la première femme cheffe d’orchestre, Maud Bailly, Virginie Lasserre, Claire Legras, une ingénieure dans le BTP, une préfète, une femme pilote… J’ai été émue par leur sincérité et le point commun que nous avons toute : avancer pour le bien commun en cohérence avec nos valeurs profondes.

Rencontre avec Emilie Piette, directrice de la DIESE

La CAIA : Comment cela rejaillit-il sur ta manière de piloter tes programmes ?

Amandine : le premier effet est certainement la vision interministérielle. Quand je vois le CNES, je le vois par l’ensemble de ses ministères de tutelle. Le deuxième est sur l’équipe, en tant que directrice de programme. C’est toute l’équipe, avec sa pluridisciplinarité, qui amènera vers un but commun, en suivant la même direction. Enfin, j’ai l’impression de piloter mes programmes avec une vue beaucoup plus large et une bonne conscience des enjeux.

La CAIA : et demain, comment va se poursuivre le programme ?

Amandine : en tant que lauréate de la première promotion, je me suis portée volontaire pour travailler sur le programme des promotions suivantes. Nous allons rédiger un document qui fait part de nos réflexions. Toute notre promotion se retrouve régulièrement autour de déjeuners thématiques (le dernier était sur Bercy, organisation et postes accessibles), de déjeuners réseau ou bien d’évènements de course à pied comme la course des princesses en juin à Versailles.

Autour de François Sauvadet et Amélie de Monchalin

Auteurs

Rédacteur en chef du magazine des ingénieurs de l'Armement.

Après une carrière ouverte qui l'a conduit à devenir coach professionnel, Jérôme de Dinechin a fondé Blue Work Partners SAS qui propose des diagnostics sur l'efficience de votre organisation, afin d'identifier des gisements de valeur ajoutée et les mettre au service de votre stratégie : diagnostic outillé puis programme d'accompagnement à construire ensemble...
X84, ENSTA, coach certifié IFOD en 2014. Il est l'auteur du guide de survie du chef de projet (Dunod 2017).
#coaching #grandsprogrammes #DSI #conseil #startup #leadesrhip Voir les 43 autres publications de l'auteur

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